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Un squatter à la Maison Blanche ?

 

Une menace pèse sur la candidature de Barack Obama à un 2e mandat présidentiel. Son trouble acte de naissance pourrait le voir empêcher de se (re)présenter...

 

 

Nos disputes franchouillardes à deux balles sur le bilan du quinquennat Sarkozy et la manière dont Nico’ a réellement financé l’achat de son appartement de Neuilly, font pâle figure à côté de ce qui se trame outre-Atlantique où le locataire actuel de la Maison Blanche qui aspire à voir son bail renouvelé pour 4 ans en novembre prochain, pourrait bien voir ses espoirs déçus pour des motifs assez inattendus…

 

 

Barack Obama, 44ème président des Etats-Unis d’Amérique, est né le 4 août 1961 à Honolulu (Hawaï) d’un père Kenyan et d’une mère américaine. C’est en tout cas ce qu’indique la copie intégrale de son acte de naissance, postée sur le site Internet de la Maison Blanche, le 27 avril 2011.

 

Or, le 1er mars 2012, Joe Arpaio, shérif haut en couleurs du comté de Maricopa dans l’Arizona (Phœnix est la capitale du Comté et de l’Etat) qui s’était auto-saisi l’année dernière d’une enquête pour des raisons sans doute non exemptes d’arrière-pensées politiques, a déclaré à qui voulait bien l’entendre que le document en question est un faux et qu’un doute sérieux pèse donc sur la date et le lieu réels de naissance d’Obama qui d’ailleurs a admis dans sa biographie, avoir passé 4 ans en Indonésie « quelques années après sa naissance ».

 

 

«Natural born citizen»

 

Ce qui n’aurait intéressé strictement personne dans le cas d’un yankee moyen, prend pour diverses raisons plus ou moins évidentes, des proportions ahurissantes s’agissant du chef de l’état.

 

 

La première et la plus importante d’entre-elles tient aux conditions d’éligibilité du président et du vice-président US, qu’impose l’article II, Section 1 Clause 5 de la Constitution de l’Oncle Sam, laquelle réserve ce privilège aux « natural born citizens ». Un concept que les rédacteurs du texte fondateur de l’Union n’ont jamais explicité et sur lequel, les constitutionnalistes distingués s’étripent joyeusement depuis des lustres, selon la thématique désormais classique « droit du sol contre droit du sang » illustrée d’une jurisprudence abondante et de développements du plus haut intérêt sur la English common law et la American common law…

 

Passe encore que le loup n’ait pas été levé en 2008 disent les puristes de la Droite Conservatrice, soulignant qu’Obama s’est peut-être présenté à l’élection présidentielle de manière irrégulière et squatte donc la maison Blanche sans titre, depuis. En 2012 en revanche, il va devoir donner de sérieuses explications et démontrer qu’il est bien un « natural born citizen » s’il veut prétendre à un second mandat. Subsidiairement, il sera amené à fournir la clef de l’énigme de la manière dont il a obtenu son passeport.

 

Un acte de naissance baroque 

 

L’affaire connaît un nouveau développement depuis que le Comité du parti Démocrate a logiquement voulu inscrire le nom du président parmi les candidats à ses primaires du New Jersey. Le 10 avril, deux teigneux nommées Nicholas E. Purpura et Theodore Moran ont donc saisi un juge du Tribunal Administratif de Merceville (NJ), pour s’opposer à l’enregistrement officiel de la  candidature du président, aux primaires de l’Etat.

 

Leur avocat, Mario Appuzo a présenté au juge, les griefs des plaignants selon lesquels, faute d’avoir présenté au Secrétaire d’Etat du New Jersey qui aurait obligation de les vérifier, les preuves indiscutables qu’il est un « natural born Citizen » en prouvant notamment son identité et son lieu de naissance, le locataire actuel de la Maison Blanche ne peut être éligible aux primaires de l’état. Ambiance…

 

Pour sa part,  l’avocate d’Obama a plaidé la nullité de la demande, affirmant que contrairement à celles d’autres états de l’Union,  la loi électorale du New Jersey n’exige nullement que les candidats aux primaires apportent, préalablement à leur inscription sur les listes, la preuve qu'ils sont des « natural born citizens » . De plus, a-t-elle indiqué à la surprise générale, confirmant implicitement les accusations du shériff Arpaio quant à l’authenticité du document consultable sur le site Web de la Maison-Blanche – un comble ! – pas plus le tribunal que le Secrétaire d’Etat ne peuvent s’appuyer sur le certificat de naissance en ligne sur le site de la Maison Blanche comme élément de preuve du lieu de naissance de son locataire actuel et donc en inférer des conséquences quelconques quant à la validité de son statut électoral.

 

Un Président empêché?

 

Peu impressionné par les enjeux de l’affaire, le juge Masin a fait savoir aux avocats des parties qu’il leur fournirait sa réponse dès le 12 avril, par téléphone ou par Email, et confirmerait le même jour par écrit, sa décision à la Secrétaire d’Etat – une Républicaine – à qui revient le dernier mot en matière de code-électoral. 

 

Dans tous les cas, un recours est possible ; d’abord devant la Cour d’Appel, puis, le cas échéant devant la Cour Suprême de l’Etat. En dernier ressort, c’est la Cour Suprême des Etats Unis qui dira si Barack Obama peut se présenter aux primaires du New-Jersey sans apporter la preuve qu’il satisfait aux conditions fixées par la Constitution.

 

Un beau merdier en perspective qui pourrait bien compromettre sa possible ré-élection…

 

 

 

  

    

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