Vous êtes ici
Dalida inspire le sommet européen
Le conseil européen des 28 et 29 juin promet de belles paroles, de jolies promesses et peu d'avancées à en croire la synthèse sur laquelle ont planché les sherpa des chefs d'Etats de l'UE.
Pour connaître l’étendue exacte des salades que nous vendent nos gouvernants par médias interposés, rien de tel que de jeter en douce un coup d’œil aux travaux préparatoires de leurs « sherpas » lorsque l’occasion se présente. Conseillers et fonctionnaires qui abattent le sale travail dans l’ombre de leurs patrons pour les aider à atteindre les sommets de la célébrité lors des grandes rencontres internationales, en savent en effet très long sur l’envers du décor.
Le Conseil européen des 28 et 29 juin n’échappe pas à la règle. Placé sous le signe de la crispation croissante entre Merkel et Hollande qui s’est mis en tête de constituer et de prendre la tête d’un front uni des amochés de la crise, grecs, espagnols, italiens, portugais et autres irlandais contre l’intransigeance berlinoise, la nouba bruxelloise pourrait bien tourner au vinaigre.
Raison de plus pour les sherpas de déployer des trésors de diplomatie ou d’hypocrisie sur les sujets qui fâchent.
Le plus dur est passé, mais le plus dur reste à venir
C’est le résultat strictement confidentiel de leurs contorsions qui constitue le « draft » 9424/12 du 15 juin 2012 autrement dit l’ébauche, la proposition de synthèse, que s’est procuré on ne sait comment, le Daily Telegraph et dont les lecteurs de Bakchich pourront prendre connaissance avant l’événement, de manière à lire entre les lignes du communiqué forcément victorieux qui le clôturera.

Le décor est posé par un préambule pontifiant bien dans la note :
« Au cours des deux ans et demi passés, l’Union Européenne a pris d’importantes mesures pour vaincre la crise. Aujourd’hui, la situation économique demeure insatisfaisante et exige la poursuite des efforts que demandent les défis posés par la crise des dettes souveraines et le secteur bancaire. On espère le retour de la croissance au cours du second semestre 2012 et ses effets plus marqués en 2013.
Aujourd’hui, nous sommes d’accord sur un ‘plan pour la croissance et l’emploi’ de nature à compléter les mesures prises par les Etats membres et par l’Union Européenne dans le but de renforcer notre compétitivité. Nous soutenons aussi les recommandations nationales aux fins d’orienter les politiques et les budgets des Etats Membres. Nous soulignons enfin le rôle sur la croissance du Cadre Financier Pluriannuel.
Tout ceci démontre notre détermination à prendre les mesures permettant d’assurer une Europe financièrement stable, compétitive et prospère ».
Un chuchotis pour demander la restructuration du secteur bancaire
Paroles, paroles, paroles chantait Dalida. Son refrain n’a pas pris une ride : « l’Union Européenne est déterminée à continuer à faire tout ce qu’il faut pour remettre l’Europe sur la piste de la croissance… » ; qu’est ce que ce serait si elle s’était ne serait-ce qu’un instant arrêtée en route !
Le Conseil va aussi semble-t-il se pencher sur un dispositif de droit d’asile européen et réitérera l’importance de la liberté de circulation à l’intérieur de l’espace Schengen. Et pan sur le bec de qui vous savez…
Sans oublier les stress-tests dans le domaine de l’énergie nucléaire ; ni l’approfondissement du marché unique, et son appendice « digital » qui « fournira une dynamique nouvelle à l’économie européenne » ; ni bien sûr, l’entrée en vigueur du marché intérieur de l’énergie en 2014…
C’est page 5, très timidement que le draft chuchote « qu’il faut restaurer les prêts à l’économie et qu’il est urgent de terminer la restructuration du secteur bancaire » ; commencé où et quand déjà et pour quels résultats ?
Le cri du cœur jaillit plus franchement page 7 : « Il est crucial de booster le financement de l’économie » ; et donc d’augmenter le capital de la Banque Européenne d’Investissement avant le 31 décembre 2012.
Les sherpas confirment en outre et sans doute à la demande de la délégation française que « la phase de rodage des Project Bonds doit être lancée immédiatement » (mais le gouvernement français a déclaré que les Eurobonds ne sont pas d'actualit) ; et « qu’il faut booster l’emploi masculin et féminin en particulier des jeunes qui est une priorité évidente ». Et le commerce pardi ! « Il doit être mieux utiliser comme moteur de la croissance…dans un esprit de réciprocité… ».
Paroles, paroles, paroles…
Cliquer sur l'image pour télécharger le programme
Vous avez aimé cet article ? Soutenez Bakchich !








