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INJUSTICE INTERNATIONALE
La Cour pénale internationale s'en prend surtout aux tyrans exotiques. Moins aux crimes perpétrés par l'Occident.
Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) viennent de condamner le Congolais Thomas Lubanga à une peine de 14 ans de prison pour « crimes de guerre » - et pour avoir, plus précisément, enrôlé dans sa milice, au début des années 2000, des enfants de moins de 15 ans qui ont ensuite été envoyés au combat.

C’est la première fois que la CPI prononce une condamnation, depuis que cet organisme a été créé par l’ONU en 2002, pour « contribuer à mettre fin à l’impunité des auteurs des crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale » (génocides, crimes contre l’humanité et crimes de guerre) - et Le Monde trouve ça tellement formidable, que son éditorialiste (anonyme) s’écrie, à la une : « La justice internationale, ça marche ! ».
C’est un point de vue intéressant.
Hélas : il ne tient aucun compte de la réalité.
Il est parfaitement évident, en effet, que jamais les tueries commises par les États-Unis, qui ont perpétré en Irak d’horribles crimes de guerre, ne seront jugées à La Haye – où siège cette cour. Non plus, d’ailleurs, que celles des Israéliens, qui ont tué près de 2.500 civil(e)s – dont plusieurs centaines d’enfants – au Liban (en 2006) et à Gaza (en 2008).
Ces atrocités-là resteront impunies : l’essentiel, pour l’Occident est de se donner bonne conscience à peu de frais, en jugeant quelques criminels et autres « dictateurs » exotiques - sans jamais se soumettre, surtout, aux règles qu’il édicte pour le Sud.
Puisque lorsqu’il commet, lui, d’épouvantables massacres, c’est bien sûr au nom du Bien : c’est ce qui différencie George W. Bush de Mouammar Kadhafi.
L’essentiel en somme, est que la CPI condamne quelques bourreaux des «enfants » du Congo qui « continuent de subir les conséquences tragiques de la guerre » - mais que jamais elle ne soit mise en position de pouvoir juger ceux des civils irakiens ou palestiniens : sans doute faut-il être « journal de référence », pour trouver dans cette ahurissante iniquité un motif de réjouissance.
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