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Règlements de comptes au FMI
Désapprouvant les pratiques du Fond Monétaire International, un employé claque la porte après vingt ans de bons et loyaux services. Et nous explique pourquoi dans sa lettre de démission…
Après 20 ans de bons et loyaux services au FMI, Peter Doyle claque la porte, écœuré. Dans sa lettre de démission – son appel du 18 juin perso – il fait part au doyen des membres du Conseil Exécutif des raisons qui le poussent à s’en aller (« après 20 ans de service, j’éprouve même de la honte d’y avoir travaillé… »). Grosse Ambiance.
Dégouté, celui qui s’occupait de la Suède, du Danemark et d’Israël, soit les pays n’appartenant pas à la zone Euro, nous fournit au passage quelques pistes sur la raison pour laquelle les politiques de tous bords semblent incapables de venir à bout de la crise et continuent donc à nous bercer d’illusions : ses mises en garde émises avant le déclenchement de la crise, auraient été « supprimées » même si le « rapport de l’Office Indépendant d’Evaluation » (OIA) et celui de « Révision Triennale » TSR) en ont très partiellement rendu compte. Trop tard de toute manière.
Les Européens, mauvais biaiseurs
Les conséquences ? Des souffrances accrues pour de nombreux pays (dont la Grèce bien entendu) avec des risques d’aggravation et la «seconde monnaie de réserve » autrement dit l’Euro, qui part en vrille. Et un FMI qui jouait au chat et à la souris au cours de ces deux dernières années pendant que d’autres tentaient désespérément de sauver notre monnaie…
Cette incapacité du FMI à prévoir les catastrophes à venir tiendrait selon Peter, à une véritable aversion à l’analyse des risques –rien que ça ! – à un penchant trop marqué pour des relations bilatérales et surtout au « biais européen » c’est à dire au fait que la tirelire est sous la main des européens qui ne veulent pas la lâcher et qui ne se gêne pas pour y puiser alors que le processus de sauvetage des pays émergents serait un chouia plus dur à la détente…

La faute aux patrons ?
Doyle à un avis bien tranché sur le recrutement des patrons de la maison au cours des 10 dernières années, dont aucun n’a bouclé l’intégralité de son mandat : un désastre évident. Les oreilles de Horst Köhler qui s’est barré brutalement en 2004 pour devenir président allemand, de Rodrigo Rato, l’ancien ministre espagnol des finances qui a jeté l’éponge à mi-mandat, et de notre DSK national stoppé dans son élan en mai 2011 alors qu’il se penchait sur l’avenir de la planète dans un hôtel de Manhattan, doivent siffler un peu tout de même…
Quant à la « reine Christine », titulaire actuelle du job, même son recrutement a été pipé (« tainted ») ; le fait qu’elle soit une femme, intègre et dynamique ne compense en rien aux yeux de Peter Doyle « l’illégitimité fondamentale du processus ayant conduit à son recrutement ».
Puisque vous voulez un Fond handicapé, paralysé par les petites magouilles politiciennes internationales et les entrechats diplomatiques qui minent le sommet de la pyramide et bien gardez-le, conclut en substance l’économiste insolent qui déplore de ne pas avoir été assez perspicace 20 ans plus tôt pour comprendre que ça se terminerait comme ca : « Il y a des gens compétents ici ; celui-ci s’en va. Employez-vous à ne pas en perdre autres ».
L'intégrale de la lettre de Doyle en cliquant sur l'image ci-dessous
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