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Investissements: Les initiés lâchent les banques
Les gros investisseurs commencent à se délester de leurs actions bancaires pour se ruer vers l’or : pas encore la franche panique, mais ca y ressemble…
Marre des couacs du CAC 40 et du S&P 500 qui jouent au yo-yo avec vos maigres économies ? Vous n’êtes pas les seuls. Des mecs plutôt bien informés (initiés ou affranchis seraient finalement de faux amis) comme les milliardaires George Soros et John Paulson semblent être parvenus à la même conclusion, en particulier vis à vis des banques et de la finance dont ils paraissent se méfier comme de la peste.
A en juger par les documents remis à la SEC à fin juin, Oncle George a décidé que les banques US n’étaient plus fréquentables. On le comprend.
Il a donc commencé à fourguer toutes les actions qu’il possède dans ce qui touche de près ou de loin à l’activité des banksters (420 000 actions de City Group, 701 400 actions de JP Morgan, 120 000 actions de Goldman Sachs....) soit une cession d’une cinquantaine de millions de dollars.
Dans le même temps, il a acheté de l'or. Beaucoup. En particulier sous la forme de 884 000 actions du fonds SPDR Gold Trust, acquises par l’intermédiaire de son fameux Soros Fund Management. Une facture d’environ 130 millions de dollars.
George Soros, le roi Midas 2012
Il est d'ailleurs en bonne compagnie au sein du fonds aurifère : John Paulson, alias "le sultan des subprimes" qui s’est fait une vingtaine de milliards de dollars en spéculant à la baisse à partir d’avril 2005, au moyen de CDS (Credit default Swaps) contre les crédits immobiliers faisandés, continue à acheter de l’or comme un possédé, malgré le cours actuel du métal jaune. On estime aujourd’hui que près de 45% de ses 24 milliards d’actifs perso’ sont investis dans l’or sous toutes ses formes, par le truchement du fonds spécialisé qu’il a créé en novembre 2009.

Comme chacun sait, Oncle George, né György Schwartz, a fait sauter la banque d’Angleterre le 16 septembre 1992 en vendant à découvert 10 milliards de £ et en contraignant la monnaie de sa très gracieuse majesté Elisabeth II à sortir du serpent monétaire européen. Il a empoché 1,2 milliard de dollars de bénef’ au passage. Un anniversaire qu’il s’apprête peut être à fêter dignement le mois prochain, qui sait ? Son comparse Paulson à attendu 2010 pour commencer à méchamment spéculer sur la faillite de la Grèce. Spéculer à la baisse ça créé des liens…
Soros, pas franchement du genre déconnard ne confiait-il pas en début d’année au magazine Newsweek : « Je ne suis pas venu pour vous divertir. La situation est aussi grave et difficile que ce que j’ai connu de pire dans ma carrière. Nous devons faire face à des temps très durs, comparables en de nombreux points à la grande dépression des années 30. Nous assistons à un repli général des économies développées qui menace de nous plonger dans une décennie de stagnation accrue, voire pire. Le scénario le plus optimiste est un environnement déflationniste. L’autre est un effondrement du système financier… »
La ruée vers l’or
Ce qui est beaucoup plus inquiétant que les fulgurances du duo blindé, c’est que les banques centrales semblent à leur tour, leur emboîter le pas.
Pendant que leurs dirigeants nous tiennent des propos lénifiants sur le bout du tunnel et l’improbabilité d’un effondrement du système bancaire international tout en prodiguant aux dirigeants bancaires, des cours intensifs de respiration artificielle, leurs adjoints s’adonnent discrètement à un remake de la ruée vers l’or, saison 4.
D’après le Conseil Mondial de l’Or (World Gold Council) les achats d’or par les banques centrales ont en effet explosé au cours du second trimestre 2012 : 62,9% d’augmentation par rapport au trimestre précédent et surtout, plus 137,9% par rapport au second trimestre 2011 ! Franchement flippant même si les chinois pèsent particulièrement lourd dans la balance...
Avant 2009, les banques centrales ont été globalement vendeuses nettes d’or pendant 20 ans. Les 157,5 tonnes d’or qu’elles ont achetées au cours du 2ème trimestre de cette année constitue le record – inquiétant – depuis que le secteur est devenu globalement acheteur à partir du 2ème trimestre 2009.
Pendant ce temps là, les geeks et leurs parents qui ont acheté des actions FaceBook chouchou des analystes, dont l’introduction en bourse est intervenue il y a quelques semaines, voient la valeur de leur investissement fondre de près de 50%. Damned…
Connaissant le palmarès de Paulson et Soros, il semble urgent de se débarrasser des titres bancaires et de les accompagner, même de loin, dans leur nouvelle aventure : bye-bye Goldman Sachs, hello gold tout court, et bonne rentrée tout de même…







