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L'ONU aussi cible Internet
Pour faire diversion sur son cuisant échec en Syrie, l’ONU appelle à surveiller de plus près les utilisateurs d’Internet.
Mais pourquoi cherchent-ils tous à nous priver du dernier espace de liberté mondial ? Les uns après les autres, les gouvernements succombent à la tentation du stalking et surveillent de très près les échanges d’idées et d’information sur la Toile. L’un des derniers « Executive Orders » (il en a pris plus en 3 ans et demi que tous les autres présidents américains réunis depuis Franklin Roosevelt) d’Obama porte sur la prise de contrôle d’Internet par l’exécutif américain et ses agences spécialisées en coups tordus en cas de « crise majeure »…
Sans doute un peu pour tenter de faire oublier la débâcle de ses observateurs de la boucherie syrienne, l’ONU s’y est collée aussi.
Les réseaux sociaux,
terreau des terro
C’est le sens du rapport qui vient d’être publié par l’UNODC (U.N. Office on Drugs and Crime) par son gros bras en charge de la lutte contre les nuisibles. L’ouvrage de 148 pages (cf. en fin d'article ) titré « L’Usage de l’Internet à des fins terroristes » s’efforce d’attirer l’attention sur l’usage, et en tout cas, la tentante possibilité des organisations terroristes d’utiliser les réseaux sociaux et d’autres sites de partage tels que Facebook, Twitter, YouTube et autres Dropbox pour faire circuler leur propagande, et lieux si affinités…
Rendu public lors d’un thé dansant qui s’est tenu à Vienne, siège de l’UNODC, le rapport est présenté au moyen d'une pensée tranchante du Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki Moon («L'Internet est le meilleur exemple de la façon dont les terroristes peuvent agir de manière véritablement transnationale ; les Etats doivent réfléchir et fonctionner de manière tout aussi transnationale »).

Dans sa préface, Yury Fedotov, le patron de l’UNODC, en rajoute dans le trivial : « les terroristes potentiels font usage de la technologie la plus avancée en matière de communication et souvent d’Internet pour atteindre une audience mondiale avec un anonymat relatif et à un faible coût ».
Les rapporteurs concluent par une lamentation selon laquelle « l’un des problèmes essentiels des structures de police et de contre-terrorisme tient à l’absence d’accord international sur un cadre légal concernant les informations détenues par les fournisseurs d’accès… » en constatant à regret qu’à ce jour, seule l’Europe a défini un cadre juridique de conservation obligatoire des données.
La mémoire du net dans le viseur
Le passage concernant la conservation des données semble destiné à faciliter le travail des efforts de lobbying du Ministère de la Justice US, qui met une pression d’enfer sur le Congrès Américain pour que soit votées aux plus vite des dispositions visant à contraindre les fournisseurs de services sur Internet à conserver les données que les forces de l’Ordre Nouveau pourraient être amenées à leur demander de consulter dans l’avenir…Pas insensible à la douce mélodie de l’anti-terrorisme, une commission de la Chambre des Représentants est déjà partante pour adopter le projet….
Pour faire bonne mesure et donner des gages de sérieux, le rapport traite aussi des réseaux Wi-Fi « ouverts » (« …Rendre obligatoire l’enregistrement des usagers des réseaux Wi-Fi et des cybercafés pourrait contribuer à la création d’une importante source d’informations pour les enquêtes criminelles… »). Mais avec un bémol tout de même (« …On peut douter de l’efficacité de prévoir de telles mesures à la seule destination des cafés Internet alors que d’autres formes d’accès public à Internet ‘les aéroports, les bibliothèques, et les hotspots Wi-Fi’ offrent aux criminels – y compris aux terroristes – les mêmes possibilités d’accès sans aucune régulation ; »)
Géolocalisation, jeux videos, etc….
On découvre aussi que la Task Force de l’ONU pour la mise en œuvre de mesures efficaces de contre-terrorisme qui compte parmi ses membres la Banque Mondiale, Interpol, l’Organisation Mondiale de la Santé, et notre cher FMI, a prêté son concours à la réflexion des rapporteurs de l’UNODC.
Comme ces brillants penseurs ont de la suite dans les idées, ils se sont aussi penchés sur la géolocalisation (« …ces informations sont également très importantes lorsqu’elles sont exploitées par les forces de l’ordre pour innocenter des suspects présents sur des scènes de crime et pour vérifier les alibis… » et, pourquoi pas tant qu’on y est sur les jeux vidéos violents (« la mise en scène vidéo d’actes violents de terrorisme, voire même de jeux vidéos développés par des organisations terroristes qui simulent des actes de terrorisme et encouragent les utilisateurs à participer à des jeux de rôle dans lesquels ils prennent le rôle d’un terroriste virtuel… »)
Bref, une lecture qu’on ne peut que conseiller aux Indignés qui se la coulent douce en ce moment, histoire de les remotiver un peu…
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