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Touche pas à Cécilia (II)

Des internautes ont été un surpris de notre article sur Cécilia Sarkozy et certains se sont demandé où nous étions allés chercher ces informations. La vraie question, posée par d’autres, porte sur l’intérêt que cela représente. Pour le chroniqueur basé à Londres que je suis, l’intérêt est évident. A priori, tout le monde se fiche bien sûr de savoir ce que fait Cécilia Sarkozy. Mais le fait que son mari utilise sa famille – épouse et enfants, y compris les belles filles – à des fins politiques devrait conduire mes confrères français à s’intéresser davantage à cette vie que l’on pourrait qualifier de « semi-publique » ou de « semi-privée » du nouveau président de la République. La scène du baiser dans les salons de l’Elysée, lors de la cérémonie de prise de fonction, est à cet égard édifiante. Le bon peuple est prié d’applaudir alors que l’on sait par ailleurs que Cécilia n’a pas voté au second tour de l’élection présidentielle. On sait aussi qu’elle a déclaré dans le passé qu’être « première dame » de France la « rasait ». Compte tenu des interrogations sur le couple Sarkozy, après une séparation dont Nicolas Sarkozy lui-même a parlé publiquement, tout le monde est en droit de s’interroger sur le sens d’une telle mise en scène. L’Elysée va-t-il se transformer bientôt en palais monégasque ? Les grands médias français, dont la réputation de servilité n’est plus à faire à Londres et à New York, ont peut-être là l’occasion de laisser leurs journalistes faire leur travail, c’est-à-dire enquêter sur le nouveau pouvoir, y compris sur la vie soi-disant privée du couple présidentiel, pour éclairer l’opinion publique. Un exemple parmi d’autres : la rapidité des Sarkozy à profiter des palais nationaux (La Lanterne, piquée au Premier ministre d’ailleurs, et le fort de Brégançon). On sait les Sarkozy fascinés par l’argent. En témoignent la soirée au Fouquet’s le 6 mai et la croisière sur le yacht de Vincent Bolloré. Espérons que les journaux français scruteront l’évolution des dépenses de l’Elysée.


L’ouverture dans la presse

Le Figaro n’y est pas allé de main morte samedi matin. Sur cinq colonnes à la « une », le quotidien dont la devise est « sans liberté de blâmer (la gauche) point d’éloge flatteur (pour la droite) » a publié une immense photo surmontée de ce titre : « Le gouvernement de l’ouverture ». Certes, Nicolas Sarkozy a fait très fort en confiant le ministère des Affaires étrangères à Bernard Kouchner, sans compter des maroquins à des troisièmes couteaux comme Eric Besson et Jean-Pierre Jouyet. Mais de là à parler d’ouverture… Il faut reconnaître que Le Figaro n’est pas le seul à s’y laisser prendre. Ce qui est surprenant dans cette affaire, c’est l’aveuglement de la presse. Nicolas Sarkozy, comme François Mitterrand en son temps, joue la division de l’opposition pour conforter son pouvoir. Rien de plus naturel. Mais aujourd’hui, et les médias l’ont peu relevé, le gouvernement n’a plus aucun pouvoir. Kouchner pourra toujours aller faire le beau à la télévision et Borloo discourir à la radio, tout le monde s’en fiche. Le pouvoir est à l’Elysée. Bakchich peut même donner les noms des vrais dirigeants du pays. Premier ministre : Claude Guéant (secrétaire général de l’Elysée). Ministre des Affaires étrangères : Jean-David Lévitte (conseiller diplomatique). Ministre de l’Economie : François Pérol (secrétaire général adjoint). Quant à Nicolas Sarkozy, il s’occupe évidemment de tout, promettant à ses proches de mener à bien ses réformes même si la rue se mobilise. Chiche ?