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Marc et Cécilia, un roman de gare

Les émois que provoquent la vie privée du couple Sarkozy alimentent toujours les salons parisiens. Et refluent les rumeurs de l’entre-deux-tours que se sont amusées à susurrer d’éminentes sources aux oreilles des journalistes (cf. Cécilia première victime des ébats d’idées in Bakchich #32 ). Mais gare, autant les côteries germanopratines sont à l’abri de dame justice, autant leurs corrolaires d’Internet ne le sont guère. Et l’un d’eux s’est fait salement taper sur les doigts le 1er juin dernier. Le chevalier servant qui a sauvé l’honneur de la première dame n’a pas même les traits de son mari, mais d’un fantasmé soupirant. En l’occurrence l’écrivain Marc Lévy – à qui l’on a aussi prêté une liaison avec la madone du Poitou. L’auteur à succès et sa compagne Pauline Levêque ont assigné en référé « Carl Zéphir, dit Carl de Canada » pour atteinte à la vie privée et injures publiques.


Marc Lévy

Le goujat Carl, titulaire de la marque Mixbeat, a laissé prospérer sur son site Internet un fil de discussion intitulé « Cécilia à nouveau partie ». Et dans lequel, à dater du 23 avril, Marc Lévy et Cécilia ont été présentés comme étant ensemble. Le tout assorti de remarques peu amènes tant pour Cécilia, qualifiée de « garce faisandée », que pour Pauline Lévêque, « folle » voire « folle de la bite », ou Marc Lévy. Autant de petits mots qui valent une condamnation en bonne et dûe forme au sieur Carl. Dans sa besace, une condamnation à six mois de prison avec sursis pour atteinte à la vie privée, des deux plaignants, 5000 euros de dommages et intérêts à ajouter aux 16 000 euros « à titre de provision indemnitaire », décrit l’ordonnance de référé du premier juin. Ordre est également donné à Zéphir de communiquer « tous les éléments permettant l’identification » des forumeurs ayant laissé un commentaire disgrâcieux dans la discussion. Le tribunal de Versailles demande aussi poliment à ce que la discussion soit supprimée « et ce sous astreinte de 1500 euros par jours de retard ». Et « Un communiqué judiciaire sur la page d’accueil du site internent mixbeat.com, pendant une durée de trente jours » doit également être publié, « sous astreinte de 5000 euros par jour de retard ». À croire que le site s’avère fort rentable, Bakchich n’y a trouvé trace du communiqué mais a facilement déniché la discussion incriminée. Où s’est développée toute une réthorique assez acerbe sur Marc Lévy.

Mais peut-être ses animateurs ont-ils vu une forme d’encouragement dans l’un des éléments du référé. Car si Pauline Lévêque a été reconnue victime d’injures publiques, Marc Lévy, sur ce point précis a été débouté. « L’expression utilisée à propos de Marc Lévy d’ “hommes qui abrutissent le peuple avec peu de vocabulaire” » n’a pas été jugé comme injurieuse, mais comme « une opinion qui ne saurait être considérée comme excédant le libre droit de critique », argue le président du tribunal, apparemment connaisseur.


Les documents en ligne dans l’après-midi