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Satire en régions

Cette semaine, la revue de presse se penche sur trois canards, La Brique, Fakir, et La Lettre à Lulu ; et un sujet que la presse nationale perd de vue ces jours-ci (les petites histoires intimes du quasi-monarque français importent plus) : l’immigration.

La Brique raconte les réfugiés

Le journal lillois La Brique vient de pondre un sacré dossier sur le sujet, intitulé « Les réfugiés après Sangatte » (n° 5, p. 11). Malgré « l’institutionnalisation de la xénophobie » – qui s’est instituée avec la création du ministère de l’immigration, de l’identité nationale et du co-développement–, et « par là le début d’une époque de pression sur les étrangers jamais atteinte auparavant », « des migrants clandestins continuent à affluer vers le nord de la France ».

La Brique nous invite à Norrent-Fontes, un village du Pas-de-Calais où « s’est établi depuis un an un camp de migrants clandestins ». Ces réfugiés, qui viennent « pour la plupart de Somalie, d’Erythrée, d’Ethiopie ou du Soudan », « aspirent à trouver en Angleterre » ce qu’ils n’ont pas dans leur pays d’origine, « travail et logement ». Mais après la longue traversée, dont le coût exigé par les passeurs est estimé à 10 000 $, il faut encore passer trois contrôles français, puis la barrière anglaise, « de plus en plus difficile à franchir ». (Rappelons au passage que le Royaume-Uni ne fait pas partie de l’espace Schengen). Par ailleurs, nous apprend-on dans le reportage, « l’asile politique est de plus en plus rarement accordé en Angleterre (86 % de refus) ».

Petite présentation du trio

Avant toute chose, précisons que ce sont avant tout des journaux, et non des sites d’information. Aussi, ô lecteurs, si vous souhaitez les lire dans leur intégralité, nous vous invitons soit à les acheter (en kiosque) si vous habitez dans la région du canard qui vous intéresse , soit à vous abonner, c’est bon et c’est pas cher.

La Brique , « Journal d’info et d’enquête de Lille et d’ailleurs » , dont le premier numéro date de mars 2007.
La Brique se présente comme un « outil d’information critique pour tout à chacun, chacune », qui décrit « la réalité sociale » en « tentant d’être un canard populaire ».
Pour plus d’information, veuillez consulter le site de La Brique en cliquant ici.

La Lettre à Lulu , l’ « Irrégulomadaire satirique » ou « Le sale gosse de la presse nantaise » , contre-informe dans la zone d’influence de Ouest-France depuis 1995.
Quelques informations supplémentaires ici

Fakir , le célèbre journal picard fondé par François Ruffin en décembre 1999.
Pour une présentation exhaustive du journal, nous vous renvoyons à une page du site Internet de Fakir
Et voici deux médailles retenues parmi celles proposées dans les pages du site :
« L’exemple même d’un ‘contre-pouvoir’ local : un petit mensuel qui enquête sur les pouvoirs du cru : quotidien régional dominant, municipalités, banques, etc. »
Serge Halimi.
« Allez exercer votre métier ailleurs ».
Gilles de Robien, le 9 février 2001.

Fakir et les « dégoûtés du droit d’asile »

« 92,2 %, c’est le pourcentage des réfugiés dont le dossier a été refusé à l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) en 2006 ». C’est « plus de neuf demandeurs d’asile sur dix qui ont essuyé un refus » cette année-là.
Et « 400 d’entre eux attendent dans la Somme », annonce François Ruffin, auteur de l’article.

Et non, il n’en a pas « toujours été ainsi et on y peut rien ». Il y a 25 ans, le nombre d’ « asiles » accordés était cinq fois plus important.
« En bref, des personnes qui, persécutées chez elles, maltraitées, auraient trouvé refuge chez nous sans chipoter, reçoivent désormais des « OQTF » –obligation de quitter le territoire français « en guise de bienvenue ». (n° 34, « Les dégoûtés du droit d’asile », p. 4 à 7).

La Lettre à Lulu épingle le préfet "p’tit quota"

La Lettre à Lulu se penche sur le sujet (n° 58, « Tu l’as vu ton ptit quota ! », p. 5) un peu différemment. Avec une attaque en règle du préfet de Loire-Atlantique Bernard Hagelsteen, « fidèle sarkozyste » et ex-secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance. « Petit quota, c’est la cata » écrit La Lettre. Le préfet à casquette « n’a pas assuré un cachou comme reconducteur à la frontière ».

Du coup, il vient de se faire tirer les oreilles par le ministre de l’intérieur, alors qu’il n’est pas « le vrai fautif » dans l’affaire. C’est la faute aux « mouvements de la préfectorale », qui font que le « préfet 44 » « en a pris pour le grade du précédent ». Mais qu’on se rassure, Bernard s’est dépêché de remédier au problème, en commençant par lancer le projet d’un nouveau centre de détention, qui passera de huit à vingt places…