Vous êtes ici
Politiques et internet ne font pas bon ménage
Qui connaît le débonnaire Marc Vanhove ? Pour quelques Bordelais du centre ville de la capitale de la région Aquitaine, c’est le patron de la grande brasserie Régent. Pour les internautes du monde entier qui tapent sur Google la requête « élections 2008 à Bordeaux », c’est le premier candidat aux municipales de mars dans la capitale de la Gironde, dont le site web (plutôt un blog, d’ailleurs) apparaît dans la première page de Google.
Pour les experts du net, le diagnostic est terrible : « Les hommes politiques ont beaucoup investi sur la Toile mais en travaillant avec des agences de communication qui ont favorisé le clinquant par rapport à la visibilité sur Google. Les politiques doivent ignorer que le moteur américain représente 90% des recherches en France ».
Ainsi, si les sondages publiés dans les journaux donnent à Bordeaux Alain Juppé élu dès le premier tour, sur Internet il est considéré comme un bon dernier. La note est humiliante pour quelqu’un qui a été toute sa vie premier de la classe. Le « PageRank » de Google donne 0 sur 10 au site de Juppé pour ces élections municipales et 2 sur 10 à son concurrent socialiste Alain Rousset.
Comment définit-on le PageRank ? Tout simplement, lorsqu’il y a 10 ans, Google est né, Larry Page et Sergey Brin, ses fondateurs, ont estimé qu’il fallait trouver une manière de classer les résultats de recherche via leur nouveau moteur. Larry Page a trouvé la solution et a donné à l’algorithme son nom : PageRank.
« Google roule pour Obama »
Savoir sur quelle base le PageRank juge le classement d’un site web a toujours été un mystère pour beaucoup d’observateurs du net. Le brevet de l’algorithme n’a pas été déposé avant avril 2007 par les juristes de Google et ces derniers gardent bien au secret les éléments qui permettent de juger tel site par rapport à un autre.
Durant des années, les spécialistes du net ont affirmé que la note était déterminée par la popularité des liens qui renvoyait vers un site. Mais, dans le cas d’Alain Juppé, la note semble bien sévère. D’autant qu’à Pau, le site web de Bayrou est crédité d’un presque 7 sur 10, qui n’a aucune réalité avec les sondages donnés ces dernières semaines dans la capitale du Béarn.
« La note du PageRank est essentiel pour un homme politique. Sur Google, le plus souvent, les citoyens ne vont pas plus loin que la 1ère ou la 2ème page dans leur recherche », explique un expert avant de conclure : « Aux États-Unis, on a l’impression que Google roule pour Obama. Il donne 7 sur 10 à ce dernier et seulement 6 à Clinton et Mac Cain ». En termes d’audience et de trafic, un point sur Google, cela fait une différence énorme. Le site d’Obama est à la 5 643ème place, alors que celui d’Hillary n’est qu’à la 18 364ème position en termes de visite mondiale.
Effectivement, nous sommes loin de la 123 753ème place de Bayrou.fr, de la 945 427 ème place du site laurent-fabius.net… Ces messieurs ignorent que quelques ficelles techniques, permettant de pallier ces défaillances, sont connues des spécialistes du Net et largement utilisées par nombre de sites. On trouve ainsi www.webrankinfo.com (spécialiste du référencement sur Google qui offre même des formations), www.eguides.fr (spécialiste de Google qui offre une intervention d’experts humains par domaine ou sujet),
www.centralweb.fr (société proposant un travail de référencement et d’analyse de l’audience par rapport à la concurrence).
Ces ficelles, un certain François Hollande ne les connaît pas non plus. Il vaut mieux éviter de faire son site de candidat aux municipales à Tulle. Les experts se demandent s’il n’est pas en dépression nerveuse. On vous donne simplement l’adresse et jugez par vous-même : http://www.poursuivonspourtulle.fr/



