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Pouzilhac et Ockrent font valser l'audiovisuel extérieur

Point de temps béni pour l’audiovisuel extérieur français (AEF), qui doit réunir RFI, France 24, et TV5monde en une seule entité, malgré son si subtil logo [1]. Logique, ses patrons, le Président Alain de Pouzilhac, dit « Poupou », et la directrice, Christine Ockrent, dite « Titine », goûtent peu à la palabre, qui prend pour eux la forme de CE (comité d’entreprise).

Le 9 octobre dernier, par exemple, le CE de RFI a tourné à la crise de nerfs. Le menu annoncé de Poupou et Titine n’était aussi guère alléchant pour les salariés la radio. Refonte des organigrammes, suppression de plusieurs rédactions de langue, réduction des coûts. Bref rien d’affriolant mais le climat reste assez bon enfant. Jusqu’à l’après-midi où le CE adopte une résolution arguant que le plan de Poupou et Titine ne peut être consulté sans des documents supplémentaires. Grognement de Poupou. «  J’en ai marre, c’est un vrai cirque, ça ne va pas rester comme ça, il va y avoir du changement ». Avant de claquer la porte… et de ne plus reparaître devant le comité.
Au moins la rhétorique sarkozienne a-t-elle bien été adoptée par ce chiraquien de cœur.

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Pouzilhac et Ockrent s’amusent
© Pakman

Un claquement de porte, plus tard, de Pouzilhac, tout vexé. Et divers noms d’oiseaux prononcés. Titine prend le relais, en affirmant que les propos prononcés ne seront pas retirés. Et gagne deux résolutions du CE, qui confirment qu’elle ne se prononcera pas sur le plan de réaménagement de RFI sans des documents supplémentaires, et qui prennent acte de l’insulte envers leurs instances.

Le 26 septembre, un CE improvisé à France 24 a aussi tourné court. Destiné à introniser Vincent Giret, tout frais patron de la direction de la rédaction, le comité d’entreprise a été réuni dans l’urgence alors que le nouvel arrivant était venu partager petits-fours et autres amuse-gueules avec les patrons. Sauf que ces malandrins de représentants d’entreprises ont osé tiquer sur « un vice de forme ». L’entretien préalable de Grégoire Deniau, le précédent directeur de la rédaction, n’a eu lieu que la veille. Impossible, dès lors, de remplacer un quidam pas encore parti. Tant pis pour les petits-fours – remisés au 2 octobre – et l’annonce officielle de l’installation de Giret. Les petits-fours ont dû rancir un peu dans l’intervalle, si bien que Poupou s’est esquivé. Le 29 septembre, il annonçait son départ « provisoire » de la tête de France 24.

Autant d’atermoiements qui, après les mésaventures de septembre – contées par Bakchich–, ne font pas que miner le moral de l’ancien PDG d’Havas.

A l’Elysée, Poupou «  commence à nous les briser menu… », s’emporte un conseiller, qui lui reproche – outre une série de licenciements à la tronçonneuse qui font tache dans la presse – de cumuler des conseils d’administration un peu trop bling bling. Plus précisément, deux autres dossiers agacent souverainement la Présidence de la République. Le premier : France 24 a diffusé, in extenso, la finale du 100 mètres des derniers jeux olympiques dont les droits avaient été achetés, en exclusivité, par la chaîne NBC ; et ça risque de coûter bonbon.

Poupou et Titine, le couple-coupe de liquidateurs

Le deuxième est le plus embarrassant, car il concerne l’affaire des casinos où Bernard Laporte et Poupou sont pris tous les deux la main dans le pot de confiture. Poupou – ancien président du groupe publicitaire Havas, qui compare France 24 à Coca-Cola –, et actuel président du conseil de surveillance du groupe Moliflor Loisirs, qui exploite vingt et un casinos, a le plus grand mal à expliquer certains rachats et prises de participations dans différentes maisons de jeux aux comptabilités obscures. La justice tranchera, mais en attendant, l’un des principaux conseillers de Sarko aurait suggéré à Poupou de prendre quelques congés à Carcassonne, tout en évitant, là aussi, de participer à des montages foireux visant le rachat du club local de rugby. « On ne peut pas le lâcher deux secondes, ajoute la même source débordante. Faut vraiment le tenir, celui-là ».

Au moins, la question d’émoluments de Poupou et Titine est-elle fort bien gérée…

Dans le « Compte-rendu de la réunion des délégués du personnel de Radio France Internationale (RFI) du 30 septembre 2008, on peut lire :
« Point 7 - Alors que les salariés de RFI attendent toujours une date et une enveloppe pour les prochaines paritaires, tous ont pu lire dans la revue de presse interne du mardi 23 septembre un article de Bakchich.info (un million d’euros par an) donnant le salaire annuel du PDG et de la directrice générale. Cette information n’a pas été démentie. Ces salaires sont- ils imputés sur le budget propre de RFI ?

Réponse de la Direction : ça ne vous regarde pas. Sans commentaires. » Enterrée, le sujet n’en demeure pas moins une grande source de motivation pour « Titine » et « Poupou », qui s’évertuent à trouver des économies d’échelle et de faire la « chasse aux gros salaires ».

Pas de quoi s’attirer les grâces des différentes rédactions. « Vous en connaissez, vous, des mandataires liquidateurs qui ont bonne presse ? s’amuse un conseille de l’Elysée. Ils font le sale boulot pendant deux ans et s’en vont après. D’où un petit bonus au niveau du salaire. »

Expliqué comme ça. Et tant pis pour le temps béni.

A lire ou lire Bakchich.info


La voix et l’image de la France dans le monde n’ont pas de prix. Les patrons de l’audiovisuel extérieur français, France Monde pour les non initiés, ont le leur : un million d’euros pour Alain de Pouzilhac et Christine (…)
Petites explications du fort complexe contentieux juridique qui oppose le bien brushé Alain de Pouzilhac au langoureux Vincent Bolloré, depuis l’épisode de la prise de contrôle d’Havas par le patron (…)

Furieuse de devoir abandonner son émission politique « France Europe Express » parce que son Bernard Kouchner de mari a été nommée ministre des Affaires étrangères, Christine Ockrent a trouvé la raison de son éviction (éviction relative puisqu’elle va (…)