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Carla Bruni, poupée sans son

C’est quoi cette façon de jouer de la guitare, la paume de la main collée sur le manche, sans même faire les accords ? Vendredi soir, pendant tout le duo avec Julien Doré pour « Taratata » (France 2), Carla Bruni, la guitare en bandoulière, faisait semblant. Ce n’était pas du direct mais pas non plus du play-back. On ne chipotera pas Madame Sarkozy là-dessus puisque les autres, les vrais chanteurs en font autant. La dernière chanson chantée en direct à la télé doit dater de Denise Glaser ou de Guy Lux (les plus anciens lecteurs de Bakchich s’en souviennent encore…).

Carla Bruni Sarkozy - JPG - 19.2 ko
Carla Bruni Sarkozy
© Nardo

Donc Carla murmure et susurre. Ses mélodies sont d’une monotonie rare, ses paroles insipides : pas de surprise. Comment ne pas saluer, dans ces conditions, la talent de Nagui ? Voilà un camelot qui ne cache pas son jeu : le mot « promotion » revient toutes les minutes dans son baratin, et pour être sûr que le message s’imprime dans nos cervelles, il montre plusieurs fois la pochette du disque à l’écran, de façon à enclencher le processus qui nous mènera inéluctablement jusqu’à la FNAC dans l’extase de l’acte d’achat.

On attend plus que le masque de Carla tombe

A part cela, nous dûmes constater qu’une fois de plus, Madame Carla Bruni marche à côté de ses bottines. Quel conseiller hyper-naze de l’Elysée, quel Pierre Charon l’a donc décidée à jouer les nunuches et les sottes – ce qu’elle n’est pas forcément - ? Elle cite Balzac et Maupassant à la volée, ce qui est risqué sur le plateau de Taratata : Nagui aurait pu croire qu’il s’agissait de deux chanteurs qu’il n’avait pas encore invités. A prendre ce masque de poupée vaguement intello, à jouer un personnage aussi insipide, à se cuirasser dans les minauderies, Carla s’empêche la moindre sincérité c’est-à-dire la qualité d’artiste. Avant même de chanter, elle « joue » faux. Ses rires, ses réparties ne passent pas la rampe. On pourrait lui pardonner son filet de voix : après tout, Françoise Hardy a fait une longue carrière…On pourrait lui pardonner ses fausses notes : pour ses derniers concerts, la regrettée Barbara s’égarait beaucoup dans les aigus. Mais « Hardy » et « Barbara », pour prendre deux extrêmes vocaux, désignent deux personnalités fortes, deux entités qui ne jouent pas à cache-cache avec le public, se laissent dévorer par lui, au moins le temps d’un concert. La télé pré-digérée et formatée d’aujourd’hui interdit ces moments de vérité où quelqu’un est à poil. On attend encore de savoir si derrière le masque de Carla B., il y a quelqu’un qui est prêt à céder quelque chose.

Ou plutôt on n’attend plus. Circulez, il n’y a rien à voir qu’une sorte d’hologramme, une jolie femme mince s’accompagnant à la guitare, évoquant, pour la forme, quelque chose comme l’icône de Joan Baez. Mais pour le contenu, rien. Juste un vêtement sur les épaules et une façon de bouger…

Tiens ! Cela ne vous rappelle rien ? Le métier de mannequin… ! Non, Carla Bruni n’a pas changé de job. Elle continue à défiler. Elle a juste changé de scène. Elle porte du Joan Baez ou du François Hardy comme naguère du Chanel ou du Balenciaga.

Avec un nouvel accessoire : la guitare.

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