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Srebrenica, l'Onu et ses bonnes résolutions
Le 11 juillet 1995, les forces bosno-serbes du général Ratko Mladic s’emparaient de l’enclave musulmane de Srebrenica, située en Bosnie orientale, non loin de la frontière avec la Serbie. Depuis le mois d’avril 1992, la Bosnie-Herzégovine, l’une des six républiques fédérées qui constituaient la Yougoslavie de Tito, était le théâtre d’une féroce guerre civile entre ses trois principales communautés : les Serbes, les Croates, et les Musulmans. Grâce à la résolution 819, l’enclave musulmane de Srebrenica est alors placée sous la protection de l’ONU. Mais en 5 jours, entre le 11 et le 16 juillet, les forces serbes de Bosnie vont, sous les yeux impuissant de 400 casques bleus néerlandais, tuer plus de 8000 Bosniaques, en majorité des hommes mais aussi des enfants et des vieillards. Le « pire massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale » comme l’écrivent alors de nombreux médias.
C’est sur cet épisode tragique de l’histoire très contemporaine que se penche la fiction « Résolution 819 », produit par Canal +, et diffusé ce lundi 27 octobre à 20H40. Benoît Magimel y campe Jacques Calvez. Un personnage librement inspiré de Jean-René Ruez, jeune flic niçois, spécialiste des affaires de banditisme, qui décide un jour de se porter volontaire auprès du Tribunal Pénal International pour aller enquêter sur le massacre présumé (à l’époque, seules quelques organes de presse relayent l’information selon laquelle un massacre de grande ampleur est en cours à Srebrenica). C’est à travers ses yeux que le téléspectateur est emmené à 1000 km de Paris au plus près des mines anti-personnelles et des fosses communes creusées par les sbires de Ratko Mladic. La bande son réalisée par le grand Ennio Morricone ne gâche rien. Si le film traîne parfois un peu en longueur (105 min), l’objectif est atteint.
Rappeler au plus grand nombre ce qu’a été Srebrenica. Et ne pas oublier que si Radovan Karadzic a été arrêté, l’un des principaux responsables du massacre, Ratko Mladic, court toujours. Se souvenir aussi du rôle de l’ONU. Quand les casques bleus, en charge de la protection des civils de Srebrenica demandent des renforts aériens pour faire face à l’assaut de l’armée des serbes de Bosnie, Bernard Janvier, commandant en chef des forces de l’ONU en Bosnie, répond qu’il est urgent de ne rien faire. Les casques bleus, alors qu’ils étaient missionnés pour ça, ne tireront aucun coup de feu. On apprendra peu après que le général Janvier s’était peu avant entretenu avec Ratko Mladic. Et le Figaro écrira : « Le refus du général français de faire la guerre s’explique mal, sinon par une certaine fascination qu’aurait exercée sur lui son homologue Ratko Mladic, avec lequel il s’entretiendra longuement au téléphone dans l’après-midi du 10 juillet ». « La lâcheté et le dysfonctionnement onusiens étaient ainsi indirectement responsables du pire crime de guerre commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » De quoi méditer sur le rôle de ce que certains appelaient à une époque « le machin ».



