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Encore une victoire pour l'audiovisuel extérieur français!
Cinq millions, cinq millions ! pour Poupou c’est une victoire enivrante. Cinq millions d’euros, c’est le montant que France-24 va payer à TF1 pour le rachat de sa participation dans la chaîne de Chirac.
Une bonne opération pour le groupe de Martin Bouygues qui fait ainsi une plus-value de 4 982 000 euros en un an et demi, à faire pâlir d’envie tous les traders des bourses mélancoliques.
Cinq millions d’euros, c’est aussi le déficit de Radio France Internationale (RFI) pour l’exercice 2007. Mais rien n’arrête notre Poupou en grand communiquant offensif qu’il est, pour afficher ce fiasco comme une victoire à faire sauter les bouchons de champagne. Pour le contribuable français, cinq plus cinq égale dix millions d’euros. La douloureuse est plutôt salée si l’on y ajoute les 20 millions d’euros de dette contractés par la direction de RFI au groupe de diffusion nationale TFD.
Poupou et Titine s’attaquent aux langues étrangères
Mais Poupou est toujours plus inventif et il a « la » solution. Pour faire des économies, sans toucher à son mirifique salaire et à celui de Titine (respectivement 40 000 euros par mois), et afin de pouvoir faire des cadeaux à ses amis de TF1 (on ne sait jamais car le vent peut tourner), il démantèle, tout simplement RFI. Lors du Comité d’entreprises (CE) des 23 et 24 octobre derniers, Poupou annonce son grand projet stratégique pour « relancer » l’entreprise : la suppression, dans un premier temps, de six services de langues étrangères (l’Allemand, le Polonais, l’Albanais, le Serbo-croate, le Laotien et le Turc) ; la suppression de la diffusion du Mandarin, du Russe, du Persan et du Vietnamien pour les redéployer… sur Internet.
Pour le reste, il propose aux personnels la « mobilité », autant dire la porte ; enfin la suppression de la diffusion en ondes moyennes. Il a décidé aussi de fermer toutes les filiales de RFI. Futé, c’est les seules qui rapportaient de l’argent à RFI. Il n’a pas voulu évoquer, avec les élus du CE, les conséquences sociales de cette restructuration. Les 12 élus du Comité d’entreprise ont tapé du poing sur la table en renvoyant Poupou derrière la ligne des 22 (11 voix contre et une abstention). Six mois après leur nomination, Poupou la frime et Titine la reine des ménages, ne font plus illusion.
Les masques sont brutalement tombés après leurs deux premiers Comités d’entreprise durant lesquels ils ont annoncé le passage à la déchiqueteuse de la Radio du monde et de ses personnels. Pourtant nos deux compères avaient déployé des efforts titanesques et dépenser sans compter pour anesthésier pendant l’été les personnels de RFI autour d’ « ateliers » destinés à réfléchir sur l’avenir de la radio. Ces derniers ont découverts, stupéfaits mais un peu tard, que leurs conclusions avaient été promptement renvoyées à la critique rongeuse des souris…
Une idée de génie : parisianiser l’antenne de la radio internationale…
Car ce génie de Poupou et dame Titine ont toujours des idées : développer la web radio, l’Internet, la diffusion sur le téléphone portable et, cerise sur le gâteau, dédier une tranche (7H00/9H00, plus forte audience) sur la FM Paris - dénuée de toute expertise internationale - afin de concurrencer France Inter et les grandes radio périphérique. Bravo pour l’influence de la France à l’extérieure. Bravo à notre couple créatif qui, par ailleurs, se vante tous azimuts, d’avoir la confiance du Président de la République jusqu’en 2013 ! (sic). Il aura échappé à Titine, atteinte par la limite d’âge l’année prochaine qu’après son passeport belge, il faudra trouver une nouvelle dérogation pour prolonger son statut de « mandataire social » dorée. Il aura aussi échappé au publicitaire le moins doué de sa génération, qu’un seul pour cent de la population africaine (le principal bassin d’audience de RFI) a accès à l’électricité, et qu’avant que cette même population n’accède au téléphone portable, beaucoup de sable aura fait avancer le Sahara.
En mixant les ondes courtes, moyennes et la FM, RFI avait réussi à ancrer son audience un peu partout dans le monde, y compris dans des pays où la censure est toujours en vigueur (Chine, Vietnam, Iran, Russie, notamment). Eh bien Poupou et Titine sont plus malins que le Big Brother de ces latitudes où l’Internet et les réseaux téléphoniques sont sous tutelle. Rien ne les arrête, puisque très au fait des grands enjeux internationaux, nos deux cerveaux font que la voix de la France y sera désormais techniquement inaudible.
Au moment du retour en puissance de la Russie, de l’hyper-émergence de la Chine, de la prolifération de l’Iran et d’une Turquie qui, outre son avenir européen s’impose comme médiateur des crises proche et moyen orientales, Poupou et Titine suppriment les seuls outils d’influence médiatique de la France. A ce rythme là, ces deux génies des ondes auront réalisé leur projet stratégique : plus d’audience pour RFI, donc plus de RFI du tout ! Les deux complices s’étaient - peut-être - trompés de « com » : en affirmant « relancer », ils voulaient certainement dire « démanteler avant fermeture ».
Les personnels de RFI apprécieront sans doute la nuance. Inventeur du slogan, « un constructeur sort ses griffes », le p’tit marquis au brushing toujours impeccable en fabrique un autre : « RFI, la Radio à qui j’arrache ses griffes ». Heureusement, il restera la brillantissime France-24 pour faire mieux que CNN et diffuser la lecture néo-conservatrice – mais à la française – des tribulations internationales d’une France qui aura rejoint le Commandement intégré de l’OTAN…
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