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«Le Figaro», juge et partie
En octobre dernier, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, a réactivé le « Groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie », sous la direction du président de l’Observatoire national de la délinquance, Alain Bauer. Ce groupe est composé de 22 membres, des responsables administratifs et des représentants de la société civile (syndicalistes d’avocats, de magistrats, de policiers, militants anti-racistes ou des droits de l’homme…).
Jeudi 4 décembre, l’Agence France Presse diffuse une dépêche affirmant que dans « son projet de rapport », le Groupe de contrôle propose d’expérimenter le fichage des suspects d’infraction combinant la couleur de la peau et l’origine ethnique. Ce que Bauer a démenti, précisant que cette recommandation ne figure pas dans le « texte provisoire du rapport ».
Le journaliste est membre de l’institution dont il relate les travaux
Quel est donc ce « document parvenu à l’AFP » ? L’explication se trouve dans Le Figaro du 5 décembre 2008 sous la plume du journaliste Jean-Marc Leclerc : l’AFP n’a publié qu’un procès-verbal de réunion. Selon lui, ce sont des « associations antiracistes » qui ont fait la « proposition iconoclaste » de ficher la couleur de peau selon la « gamme chromatique » utilisée pour les portraits robots, proposition non retenue par le groupe à ce jour.
Pour affirmer dans Le Figaro qu’il s’agit d’une fuite de procès-verbal, Jean-Marc Leclerc est terriblement bien placé : il est lui-même l’un des membres du fameux « Groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie » ! Mais il ne lui est manifestement pas venu à l’idée d’en informer les lecteurs du Figaro dans son article.
Comment peut-il oublier que, pour des raisons déontologiques évidentes, un journaliste ne peut être membre d’une instance officielle et écrire sur elle dans un média ?
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