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Un féminin intelligent, pari osé
Presse féminine
Magazine-féminin-intelligent. Amusez-vous à associer ces trois mots au cours d’une conversation et votre interlocuteur vous donnera, à coup sûr, un aperçu de l’image que la presse féminine renvoie d’elle-même et, dans son sillage, de son lectorat. Loin de moi l’idée de nier l’impact positif, pour la cause féminine, des technologies cosmétiques anti-rides, anti-âge, anti-peau d’orange, anti-cernes, anti-cellulite, anti-fatigue ou anti-bourrelets disgracieux. Les ennemis des femmes sont partout, il faut bien les aider. Alors, comment en est-on arrivé à ce consensus déplorable ? Inexistence de l’offre ou de la demande ? Décision est prise : avec mes copines journalistes, on fait ce pari -osé s’il en est- que les femmes sont naturellement douées d’intelligence et qu’il nous appartient de mettre un terme à la pénurie de l’offre. On tente le coup. L’avenir nous dira si la boutade « Mais, un féminin sans régime et avec des articles de fond, ça ne se vendra pas, ah, ah ! » était juste. On l’a si souvent entendue, depuis que nous avons décidé de nous lancer. A voir.
« Plus féminine du cerveau que du capiton »
Le test commence demain, dans les kiosques de 183 villes de France. Je débarque au milieu de mes multiples consœurs avec mes quatre sous et mon envie de faire bouger les lignes. « Plus féminine du cerveau que du capiton », me dis-je. Prétentieuse ? Suffisamment pour sauter à pieds joints dans le plat, pas assez pour dire aux femmes comment elles doivent s’habiller et « s’accessoiriser » (sic !) pour essayer de ressembler à deux ou trois starlettes faméliques et écervelées.
Retour au réel. Exit les podiums et les photos trafiquées. Place aux reportages, enquêtes, dessins de presse et de BD, à la politique, aux coups de nerfs et de plumes. Si j’aime un homme, je décortique son parcours puis le déshabille doucement. Pour les valeurs et le plaisir des yeux, parce qu’on aime réfléchir mais qu’on n’est pas de glace. Si on me prend pour une quiche, je sors la lame et l’acide. Naïve que je suis, j’ai toujours cru que people signifiait les gens, les vrais : les femmes qui vont au bout de leurs envies, les vieux couples qui s’aiment toujours et tous ceux qui vivent dans le même monde que moi. Eux m’intéressent. Et j’ai l’audace de penser que je ne suis pas la seule. A demain.




