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En Corse, le Barbier sévit

La vie d’homme-édito n’est pas simple. Et en cela, son parangon Christophe Barbier est admirable. Ne serait-ce que par son premier haut fait, avoir donné un signe distinctif aux autres plumes chefs de publication. Un symbole certes emprunté à d’autres, mais signe ô combien distinctif et pratique pour les yeux du profane, l’écharpe rouge. Venu des temps anciens, où le chef de l’Etat même était un lettré, puis son Premier ministre, l’écharpe rouge s’agite à présent dans le petit monde des éditorialistes telle une légion d’honneur. Et ne serait-ce que pour cela, merci Barbier.

Mais point n’est besoin de tout miser sur le symbole. Homme-édito-à-écharpe-rouge, c’est aussi une lutte, des coups à prendre… Bref, un métier à risque. Et pas seulement en se rendant sur France 5, où le gouffre des débats avec Yves Calvi peut engloutir le tout-venant. Non, le patron de l’Express vole au-dessus de France 5 et a maté « C dans l’air » depuis longtemps. Quelques coups, ici ou là, de méchants ricaneurs, qui se gossent de son hommage au haut couturier Yves Saint-Laurent qu’il place aux côtés des plus ardentes féministes pas forcément férues de haute couture, ou de ses saillies sociales. Billevesées.

Une petite île, cependant résiste à son emprise. Et frappe. La Corse fulmine après l’édito du 14 avril dernier de Christophe. Rage et pitié, une psalmodie d’après manifestation à Bastia, qui a vu notre journaliste échapper au lynchage et d’inspirées inscriptions graffées au mur : « les Français dans le four ». Charmante attention qu’Echarpe Rouge a cloué au pilori de son écrit. Enfin, la Corse, surtout sa collectivité territoriale, qui se pique, depuis décembre, de déposer des motions contre les journaux.

Ci-fait le 23 avril, par la tutélaire figure du nationalisme au brocciu, Edmond Siméoni. Par une prompte question orale adressée au président de l’exécutif local, Ange Santini, Edmundu demande de protester légalement contre de tels propos… « Sous le titre "Rage et pitié", sa prose est une véritable anthologie du racisme anti-corse, réfléchi, écrit ou suggéré ». Diantre, le vieux s’énerve. Et cela surchauffe. « Barbier ne s’interroge pas ; ce tag, unique, isolé, scandaleux est-il l’œuvre d’un débile profond (et méritions-nous, alors, d’être tous excommuniés ?), ou peut-être d’une barbouze ( ?). Cette dernière hypothèse n’est pas farfelue quand on sait que l’Etat républicain a couvert, de 1977 à 1980, une officine de barbouzes « Francia » qui nous a infligés 62 attentats, en toute impunité ; ou encore qu’un Préfet de la République, en faisant incendier une paillote, voulait de facto allumer la guerre civile en Corse. Cet aspect essentiel de l’affaire a été gommé, avec art ».

Même les paranoïaques peuvent être victimes de complot certes… Mais tout de même. Désigner toute l’emphase et l’ampoulage d’un édito très parisien qui s’achève par une comparaison avec les Ch’tis de Dany Boon à un pamphlet raciste ! Voilà donc le métier d’éditorialiste, à risque.

A peine plus nuancée, la réponse écrite d’Ange Santini, officiellement de l’autre bord politique, ressemble à une main tendue. Prélude à un pont entre le clan au pouvoir et les antios modérés ?

« Je suis donc, Monsieur le Président du groupe PNC-CHJAMA, d’accord avec vous sur l’essentiel (…) M. Barbier est un récidiviste. On n’a pas oublié ses propos d’il y a deux ans où il laissait entendre que les élus corses étaient tous malhonnêtes (…)  ». « Mais, nuance l’heureux porteur du Padduc, dont il est un des bénéficiaires, le racisme est un délit, qu’il faut poursuivre. La bêtise ne l’est pas ; si l’on veut éviter l’engorgement de nos tribunaux cela vaut vraiment mieux (…) néanmoins, je vais procéder à une consultation juridique qui m’indiquera si nous avons quelque chance de faire condamner, même symboliquement, ce genre de propos ».

Renseignement pris du côté de l’île de Beauté, la diffamation a été abandonnée. En revanche, une procédure au civil pour atteinte à l’image de la Corse est toujours en cours. A suivre.

Heureusement, homme-édito n’expose pas qu’aux coups. Il en permet quelques-uns, fort primesautiers. A l’instar de celui organisé avec Raphaël Enthoven, ex de Carla Bruni et néanmoins ami. Tandis que se profile une glorieuse rumeur qui l’amène à la tête de Radio-france, la tête de l’Express s’amuse à déjeuner près de la maison ronde avec l’écrivain. « Mines mystérieuses, nous avons mimé et surjoué ma candidature », sourit encore le lointain héritier de JJSS, amusé des questions de Bakchich.

Au moins une occasion de ne pas Barbier son monde…

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Si « Marianne » sort du lot, « Le Point », « Le Nouvel Observateur » et « L’Express » rencontrent des difficultés et se préparent à des économies sévères.

L’Elysée a proposé ce jeudi le nom de Jean-Luc Hees pour la direction de Radio France. Alors qu’il dirigeait France Inter, il pratiqua une gestion expéditive des ressources humaines.

Les noms valsent pour remplacer Jean-Paul Cluzel, plus que jamais sur un siège éjectable à Radio France. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le patron attend une mise en examen, entre autres douceurs (…)