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Période noire pour le 115

Les maraudes et les centres d’hébergement du 115. Vous connaissez sans doute… La plate-forme de régulation, peut-être moins.

Louise, Fatia ou Claire. Diplômées de socio, philo ou psycho. Toutes payées 1300 euros bruts environ. Ces jeunes femmes de l’ombre sont « écoutantes » au 115. Un numéro vert d’utilité publique au service des démunis, géré à Paris par le Samu Social de Paris.
Les « écoutants » attribuent des places ou orientent les appels vers d’autres services sociaux.

L’oreille crispée sur le combiné toute la journée, les jeunes écoutants en viennent aujourd’hui à regretter la période hivernale. Avec la fin du froid, les politiciens ne font plus de promesses, les journalistes se démobilisent, et l’opinion publique oublie les SDF.

Faute de subvention, beaucoup de centres d’hébergement ferment leurs portes et le nombre de lits à attribuer diminue. Il faut alors choisir entre tel ou tel. Casse-tête. Il faut ensuite décider de laisser un tel dans la rue. Crève-coeur.

Pour soulager la conscience des écoutants, le 115 s’est doté d’outils informatiques qui offrent un suivi de chaque personne. Quelqu’un qui s’est vu refuser un lit précédemment deviendra prioritaire pour la nuit à venir.
Cet outil permet aussi de savoir secondes après secondes combien de lits restent disponibles. Les coordinatrices du 115 tentent donc toute la sainte journée de grignoter des places supplémentaires auprès de l’Armée du salut, d’Emmaüs, du secours catholique, du secours populaire ou de la ville de Paris…

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