Vous êtes ici

Prison : le tour de France se fait la belle

Deux hommes, deux amis. Jean-Claude Chapu est directeur du centre pénitencier de Loos (Nord), François Grosvalet est chargé des sports à l’Administration pénitentiaire. Initiateurs et co-organisateurs du premier tour de France pénitentiaire, ils ont soulevé des montagnes avant de les monter à la force de leurs mollets. Franchie la ligne d’arrivée, on les voit s’enlacer et se serrer les poings le sourire aux lèvres. Que du bonheur en somme et quel contraste avec le monde carcéral. Prisons surpeuplées, grève des surveillants et des dizaines de suicides… C’est presque une hallucination de voir une telle aventure humaine.

En neuf mois, ils ont réussi à convaincre leur hiérarchie, les sponsors, à monopoliser 62 centres de détention et faire courir plus de 200 détenus et 300 salariés pénitentiaires. Des médias du monde entier se sont déplacés. Enfin une image positive qui certes ne doit pas faire oublier les impairs mais qui rappelle que la réinsertion est aussi importante que la sécurité des citoyens. « On confond souvent privation de liberté et enfermement ça n’a rien à voir ! » peste un membre de l’organisation. « C’est sûr, il a fallu convaincre, rassurer. On nous demande toujours si on avait peur qu’ils s’enfuient mais non, c’est évident que non. Ils sont pour la plupart proche de la liberté et ont tous dépassé au moins la moitié de leur peine », développe, très cool, jean-Claude Chapu.

Un des détenus avait encore trois ans à tirer. Il espère la conditionnelle. « J’ai des gosses et un job qui m’attendent, j’espère que cette expérience et ma bonne conduite vont me mener à sortir au plus vite. » Tous en parlent de cette fameuse « conditionnelle » mais après des dizaines de kilomètres au milieu de la verte France, c’était une fierté joyeuse qui habitait les uns et les autres. La prison s’était éloignée. Pour un temps. Il n’y a que ces foutus journalistes qui leur rappellent qu’elle va revenir… « -Comment vous allez vivre votre retour en cellule ? »- « …J’y pense pas trop… Ca va être un peu dur mais… maintenant je sais que j’ai plein de force pour continuer. »

À lire ou à relire sur Bakchich.info :


Le constat accablant établi par le contrôleur général des lieux de privation de liberté dans son rapport annuel sur l’état des prisons françaises n’a pour l’instant pas fait réagir le pouvoir.

Selon la Cour de cassation, l’Etat ne peut faire l’objet de poursuites pénales de la part de détenus considérant que leurs conditions de détentions sont « incompatibles avec la dignité humaine ».

Le ministère de la Justice a besoin de surveillants de prison et le fait savoir à la télévision dans un petit spot de pub qui vous ouvre les portes du (merveilleux) pénitencier.

Amis détenus, l’administration pénitentiaire se démène pour vous occuper. Avec les centres d’appels en prison, voici venu le temps des formations et des sorties de prison sans stress.