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Après Jean-Gé Colonna, le déluge

Video déjà publiée le 24 avril dernier

Gabriel-Xavier Culioli, est sûrement un personnage atypique. Désorienté autant que désorientant. Surtout en Corse, où cet intellectuel original, arpente avec une naïveté nonchalante les dédales de l’île. Pourquoi ? Parce qu’il cherche à la comprendre, la Corse. Tout simplement. Et c’est ainsi que, lorsque cet écrivain passionnel et curieux rencontre sur son parcours une personne qui attire son attention, il a toujours envie d’en savoir plus. De la connaître.

Que ce soit un ancien chef du FLNC, un homme d’affaires sans scrupule, un immigré menacé d’expulsion, ou bien un parrain du Milieu, Gabriel-Xavier va à sa rencontre. Avec passion. Il se laisse guider par sa seule curiosité, sans barrières, sans retrait. Culioli partage ainsi avec ses interlocuteurs, bien souvent, aussi les sentiments. C’est ainsi qu’il a donné son amitié au mythique Jean-Jé Colonna.

Comment un écrivain, un intellectuel de gauche, est-il devenu l’ami du parrain ? « Tout a commencé le jour où j’ai voulu l’interviewer. Il était en délicatesse avec la justice. Ça n’a pas été évident de l’approcher. Ensuite, il m’a accordé sa confiance. Pourquoi ? Peut-être simplement parce qu’il avait envie de me l’accorder, et de la même façon, nous sommes devenus amis ».

Aujourd’hui, cet écrivain, qui livre chaque semaine son point de vue, toujours très personnel et souvent bien piquant sur l’actualité de l’île, dans les colonnes du Journal de la Corse, revient sur ses rapports avec « le parrain » et nous donne aussi son sentiment sur la guerre de gangs qui secoue la région.

« Nul ne sait exactement comment ce conflit a débuté. Il y a vraisemblablement eu au départ un acte agressif de l’une des parties envers l’autre. Puis les premiers morts. Ensuite, tout s’est enchaîné sans que personne ne puisse déterminer les responsabilités exactes des uns et des autres.

Dans des situations aussi fragiles, il suffit des soudaines ambitions d’une bande pour déséquilibrer l’ensemble. C’est ce qui s’est vraisemblablement passé avec l’émergence de la bande dite du Petit Bar, l’assassinat de Roger Polverelli et la mort de Jean-Jé Colonna, qui était un indéniable facteur d’apaisement. Il y aura à l’évidence un gagnant et un perdant.

Au point où nous en sommes, nous ne pouvons que nous poser des questions que chacun se pose dans l’intimité des discussions privées. Les récentes opérations de police, commandées par les juges du JIRS, ont toutes frappé les mêmes protagonistes ou supposés tels, à savoir l’entourage d’Ange-Marie Michelosi, récemment assassiné à Grosseto Prugna. La justice avait laissé entendre que les résultats de ces arrestations, provoquées par la supposée préparation d’un attentat contre Alain Orsoni, permettraient d’éclaircir le mystère de nombreux assassinats jusqu’alors restés sans coupables. Pour l’heure, c’est toujours mystère et boule de gomme. »

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