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Sale rentrée pour le patron du Nouvel Obs

Au début de l’été, en réalisant seul, sans prévenir les journalistes, un long et fastidieux entretien-plaidoyer de Sarko dans les colonnes du Nouvel Observateur, Denis Olivennes avait déjà provoqué un véritable tollé dans sa rédaction.

Puis, après avoir fait son mea culpa, un exercice douloureux pour le boss du Nouvel Obs, la tempête s’était calmée. "DO", comme on l’appelle dans les couloirs du journal, avait quand même dû mouiller sa chemise pour tenter de renouer les fils du dialogue. Pendant tout l’été, il a donc multiplié les rencontres avec les petites mains de la rédaction.

Las  ! À peine rentré de vacances, l’apprenti-patron de presse retrouve un terrain encore plus miné. Sur un plan sonnant et trébuchant d’abord. Les comptes sont dans le rouge. On parle de 3 ou 4 millions d’euros de pertes pour 2009. Dans les kiosques, les ventes du Nouvel Obs sont en chute libre (-7 % cette année, avec 75 000 exemplaires vendus en moyenne, 20 000 de moins que Le Point).

La nouvelle maquette du journal n’a pas convaincu. Pire encore, la dernière étude d’audience, le principal baromètre des publicitaires, se révèle désastreuse pour le journal. Pour la première fois depuis des lustres, L’Obs perd la place de leader sur les CSP+. Un recul imputé à la nouvelle maquette qu’Olivennes avait personnellement imposée au début de l’année pour mieux imprimer sa marque.

Un parachuté "DO"ré

Dans le journal, si la société des rédacteurs, trop frondeuse, a été remise au pas, « DO », le seul patron de rédaction parisienne à n’avoir pas droit à une carte de presse (même stagiaire), doit faire face à un nouveau vent de révolte. Et cette fois-ci, ce sont les grands anciens qui mènent la guérilla.

Chaque semaine, l’éditorialiste Jacques Julliard met ainsi un point d’honneur à fustiger, entre les lignes, les convictions jugées trop libérales de son patron. Une semaine, il dresse son procès en connivence en tant qu’ex de Carla Bruni. Une autre, il tire à boulets rouges sur l’indécence des parachutes dorés distribués aux grands patrons, alors qu’Olivennes en avait bénéficié d’un en or massif (3,2 millions d’euros) en quittant la direction générale de Canal Plus. En privé, même le propriétaire de l’Obs Claude Perdriel se dit déçu de ses performances.

Début septembre, Olivennes a préféré sécher la conférence hebdomadaire de Jean Daniel à L’Obs pour mieux aller défendre la pensée unique à l’université du Medef. « DO » s’y sent visiblement plus à l’aise.

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Denis Olivennes
© Kerleroux

Un deal secret qui vaut de l’or

A son arrivée à la tête du Nouvel Obs, Denis Olivennes a négocié son héritage économique, en toute discrétion.

Denis Olivennes a été propulsé à la tête de L’Obs avec quelques billes utiles. « Héritier intellectuel » du journal, selon les mots mêmes du chef ­suprême, Claude Perdriel, le directeur de publication et président du directoire de L’Obs pourrait en être l’héritier économique.

En effet, « DO » est sur le point d’acquérir 6 % du capital de la société SFA (Société Française d’Assainissement, le champion du sanibroyeur), qui détient elle-même 93 % du groupe Nouvel Observateur. [1] Et, bien que pour l’heure, ce soit Perdriel qui contrôle SFA, une société familiale en commandite, les événements pourraient tourner en sa faveur. Quand Perdriel disparaîtra, c’est à sa femme Bénédicte et à ses deux enfants que reviendra le contrôle de l’entreprise. Ce qui, selon les indiscrétions que nous avons ­recueillies, inquiéterait la rédaction du Nouvel Obs.

Ce n’est pas tout. Si dame Bénédicte venait à se désister, le père Denis se retrouverait alors en position de force. Celui-ci a en effet négocié en toute discrétion un droit de préemption sur le capital de SFA. En cas de cession, il aura la possibilité de mettre la main sur le groupe. Un deal en or.

L’apprenti journaliste reste un vrai business-man.

[1] Le Groupe Le Nouvel Observateur édite les hebdomadaires Le Nouvel Observateur et Challenges, et le mensuel Sciences & Avenir.

Anaëlle Verzaux

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