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Le nouveau fromage de TF1
Jusqu’ici, rien de nouveau, quoique cette pratique très américaine reste encore méconnue du grand public. Il s’agit pour la chaîne de s’allier avec de grandes marques afin de lever quelques fonds pour financer une production, en l’espèce celle d’un téléfilm avec Olivier Martinez et Cristiana Reali. Et donner tout son sens au temps de cerveau disponible.
Le document, émis par l’entreprise bien nommée Marques et films, s’adresse à un syndicat de producteurs de fromage de Franche-Comté. Il propose « une citation orale d’une appellation fromagère de votre choix au cœur des dialogues ». Pour cela, il faudra créer « un dialogue valorisant votre produit ». Et là, Marques et Film sort l’argument implacable. Celui qui met fin à toutes discussions et emporte l’adhésion. C’est ce qu’ils appellent « l’avantage marketing » : « Cristiana Reali et Olivier Martinez : un duo de charme composé de deux acteurs qui bénéficie d’un gros capital sympathie auprès des téléspectateurs. »
Le téléspectateur est
un consommateur, rien de plus
On imagine alors aisément l’étalon Martinez, mis en appétit par la belle Reali, clamer : « Je reprendrais bien un peu de cancoillotte, ce formidable fromage de Franche-Comté obtenu à partir de lait fermenté caillé. » (*)
Et là, faisant preuve d’une franchise rafraîchissante, le document ajoute : « Utiliser la fiction audiovisuelle comme média, c’est se rendre acteur du programme, en profitant de la démarche volontaire et ludique d’un “spectateur-consommateur” ciblé qui s’identifie aux héros. »
Coût de l’opération pour le fromager en mal de publicité : 9 000 euros. Le syndicat, peu sensible aux méthodes américaines, a finalement décliné. Et puis, il y a déjà le 13 heures de Pernaut. Et c’est gratuit.



