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Le Grand Paris ou les velléités du Blanc cassé
« Je ne connais pas une personne qui apprécie le projet de Christian Blanc à part lui-même » tranche dans le vif la députée socialiste Annick Lepetit.
Et avec toute la bonne volonté du monde, il est en effet difficile de trouver des supporters au projet du futur « métrophérique ». 130 km de rames nouvelles faisant le tour de l’ile de France et reliant des « pôles stratégiques » comme Saclay et la Défense.
Toujours pas de tracé définitif autour du projet reliant 40 gares nouvelles ou réaménagées avec au menu expropriation de l’État et revente de terrains dans des conditions et des limites floues.
Si Christian Blanc promet un million d’emplois et un taux de croissance francilien à 4% ces prochaines années, le projet souvent renommé « le grand huit » est pour de nombreux acteurs une attraction aux pires railleries.
Fronde des architectes : « C’est un projet du 20ème siècle » selon Paul Chémétov, qui a supervisé les travaux des dix architectes. « Étendre la ville est une conception ancienne. Aujourd’hui, avec les défis énergétiques, la baisse du pétrole, il faut concentrer la ville. Non pas créer mais réparer l’existant ». Autre convergence entre les architectes : ne pas enfouir le métro, bien au contraire, ils s’accordent pour faire des transports aériens, non anxiogènes, plus agréable. « On fera de l’aérien quand on pourra, même si c’était pas mon idée au départ » coupe Blanc. Enquête sur un projet controversé :
Fronde politique
Le couple Delanoë- Huchon bat le pavé contre le projet Blanc. Surtout depuis que Sarkozy les roule dans la farine. Le schéma directeur régional, un ensemble de mesures sur le logement, les transports, l’emploi devait être approuvé par le gouvernement mais bizarrement il le garde dans ses placards depuis de très longs mois.
La Région attaque en lançant une procédure au Conseil d’Etat. « Huchon a trop fait confiance à Sarkozy, il s’est fait avoir », pointe un élu PS francilien. Même à droite, les critiques sont nombreuses, y compris à l’Elysée où Henri Guaino, secret de polichinelle, ne peut plus souffrir Blanc.
Critique cynique de promoteurs franciliens réunis à la cité de l’architecture à Paris le 3 novembre pour débattre du grand Paris : « Ce projet est nul et loin des nécessités mais comme il y aura beaucoup d’argent, on va évidemment y aller. » glisse autour d’un verre de champagne un des promoteurs, fataliste.
De 21 à 35 milliards sont à priori sur la table, financés pour l’instant on ne sait trop comment et avec pour perspective une lutte politique sans merci sur fond d’élections régionales. De tous les acteurs politiques, une certitude : « Blanc y croit », « il est sincère. » C’est pourquoi peut-être si Blanc est cassé, il ne rompt toujours pas.
Pour en savoir plus, lire la tribune de Frédéric Gilli dans le Monde
celle de Christian Blanc
et de Paul Chemetov
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