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Pflimlin, l'Assemblée et les « discussions de salon »

Il n’y avait pas foule lundi matin pour suivre l’audition de Rémy Pflimlin, futur président de France Télévisions par la commission des affaires culturelles de l’Assemblée. A la louche une dizaines de députés UMP (Copé, Riester, Baguet, Spagnou, Marland-Militello, Grosperrin, Panafieu …) et autant côté opposition (Françaix, Roy, Buffet, Langade, Amiable…), quand la commission comprend 74 membres. Comme un air de vacances…

Deux heures d’échanges convenus où l’Alsacien a redit peu ou prou la même chose que vendredi devant le CSA. Pêle-mêle : le virage numérique, l’identité des chaînes, la suspension de la publicité (si l’état compense), l’indépendance, la synergie de groupe ou encore le rajeunissement de l’audience. « C’est un copié-collé », s’amuse Jean-François Téaldi, membre du SNJ CGT de France Télévisions venu assister à l’audience…

Bref, Rémy Pflimlin est resté prudent sur les questions sensibles. Sur les 900 salariés qui partiront à la retraite d’ici 2011 ? « Leur remplacement est à discuter, je ne peux pas me prononcer ». Sur les noms de ses équipes dirigeantes (alors que Michèle Tabarot, député UMP et présidente de la commission l’a relancé deux fois sur le sujet) ? « On s’appuiera sur les talents internes, mais il y aura aussi des apports de compétences extérieurs ». Sur la polémique liée à son mode de nomination ? « L’indépendance, c’est un état d’esprit et je suis le garant de cette indépendance. » Nous voilà bien avancés.

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Rémy Pflimlin
© Mor

Les quelques députés présents en ont profité pour se lancer quelques piques dont ils ont le secret et qui auront au moins eu l’effet de réveiller l’assistance. Ainsi le député socialiste Michel Françaix a-t-il remercié Pflimlin de ne pas être « du genre Rolex, de ne pas être bling-bling. » , provoquant l’émotion du camp d’en face. Et d’ajouter qu’il y avait bien plus de député UMP présents lors de la récente audition de Domenech. Les socialistes ont d’ailleurs indiqué qu’ils s’abstiendraient de voter à ce qu’il considèrent comme un retour en arrière. La député socialiste Colette Langlade a dénoncé « un simulacre d’audition », « une discussion de salon » ou encore « une formalité mondaine. » Quand de son côté, Rémy Pflimlin ne pipait mot, laissant les députés UMP railler à leur tour « l’opposition caricaturale et systématique des socialistes. »

Taponnier et Ghesquiere, « priorité immédiate »

Un mot tout de même sur les journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier, retenus depuis plus de 6 mois en Afghanistan. Rémy Pflimlin a assuré que s’ils n’étaient pas libérés à sa prise de fonction, il en ferait une « priorité immédiate », ajoutant qu’il connaissait bien les deux journalistes de « Pièces à Conviction » et qu’il avait connu une situation semblable quand il dirigeait France 3 alors que Mohammed Ouati, preneur de son, avait été retenu en otage plusieurs semaines.

L’audition a donc été une fois de plus l’occasion de découvrir un homme habile, consensuel, qui mesure chacune de ses prises de risques, pour l’instant, très limitées. Des caractéristiques que Bakchich vous livrait dès samedi 10 juillet à l’occasion d’un portrait de Rémy Pflimlin publié dans le N°32 de son hebdomadaire toujours en kiosque.

Après le CSA qui, ô surprise, a donné lundi, un avis favorable à la nomination de Pflimlin, ce dernier devrait passer sans encombre les étapes parlementaires. Et ce n’est pas Franck Riester, qui a passé beaucoup de temps à jouer avec son smartphone, ou encore Françoise de Panafieu qui n’aura tenu qu’une heure 25 sur les deux heures d’auditions qui nous contrediront.

A lire dans Bakchich Hebdo, en kiosque jusqu’à vendredi 16 juillet, le portrait du futur patron de France Télévisions.


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