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JPK, journaliste dans la Flosse commune

Exquises années Chirac pour le potentat de la Polynésie française  ! Grâce à la générosité de son ami Jacquot, le président de l’archipel, Gaston Flosse – aujourd’hui sénateur –, a disposé pendant des années d’un budget annuel de 1,5 milliard d’euros pour gérer son territoire à sa guise. Puis un empêcheur de bâtir en rond au look de surfeur s’est mis en tête de farfouiller dans les affaires de l’intouchable Gaston  : le journaliste Jean-Pascal Couraud, dit « JPK ». Pendant douze ans, l’enquêteur a écrit une foultitude d’articles à charge contre le système de corruption qu’aurait mis en place Flosse… Jusqu’à sa disparition mystérieuse, en décembre 1997, considérée à l’époque comme un suicide.

Une version qui n’a pas convaincu les deux journalistes de Spécial investigation, Olivier Toscer et Matthieu Firmin, dont le reportage sera diffusé lundi 6 septembre à 22 h 30 sur Canal + et dont Bakchich propose quelques extraits ci-dessous.


JPK, un journaliste dans la Flosse commune
envoyé par bakchichinfo. - L'info video en direct.

Reviens JPK, reviens

« Le scénario technique du suicide, tel qu’il a été présenté pendant plusieurs années, ne tient pas la route », soutient Olivier Toscer à Bakchich. « À partir de là, on s’est penchés sur l’autre scénario  : celui d’un enlèvement et d’un assassinat. » Les témoignages pour accréditer cette thèse s’accumulent, et l’histoire vire au polar.

Les deux journalistes se sont procuré les fameuses notes de JPK qui lui avaient valu de se faire étroitement surveiller par le Groupement d’intervention de la Polynésie – milice créée par Flosse lui-même – quelques mois avant sa mort. Parmi les pistes suivies  : les financements occultes du RPR, les pots-de-vin versés par l’homme d’affaires Hubert Haddad et les transferts de fonds en provenance de la Polynésie française vers un compte japonais ouvert par le richissime propriétaire perlier local, Robert Wan. Compte enregistré au nom de… Chirac.

Wan for the money

Des dénégations tordantes de Wan dans ses luxueux bureaux (« Comment, moi, un petit Chinois, pourrait financer le président de la République française  ? Ce serait un honneur  ! ») à la reconstitution des transferts de pots-de-vin, le reportage offre son lot de passages saisissants, parfois altérés par l’abus de musique. Le documentaire rend remarquablement compte du règne quasi monarchique de « Gaston Ier » et du fonctionnement de la justice du temps de Chirac. « Il reste une chape de plomb à Tahiti quand on parle de Flosse et de JPK », note Olivier Toscer. L’ombre de l’ex-président polynésien n’a pas fini de flotter au-dessus de l’archipel paradisiaque.

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