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Carrières pénibles, retraite effilochée ?
Une personne, atteignant un taux minimum de 10% d’incapacité, pourra partir à la retraite à 60 ans avec un taux plein. C’est la principale concession adoptée par l’Assemblée Nationale le mercredi 7 septembre. Le taux minimum était d’alors de 20%. Cette mesure du gouvernement correspond à « une rotule cassée, un coude et un poignet, accompagné d’une colonne vertébrale à moitié hors d’usage » ironise Gérard Filoche, auteur d’Une vraie retraite à 60 ans, c’est possible.
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Selon les chiffres avancés par l’UMP, cela permettrait à 30 000 personnes de bénéficier d’une retraite anticipée. « Notamment aux caissières victimes de troubles musculo-squelettiques », explique la députée UMP Valérie Rosso-Debord. C’est gentil pour les caissières.
Sauf que les troubles musculo-squelettiques (ou TMS) ne touchent pas que cette profession. Elles sont la première cause de reconnaissance de maladie professionnelle (81,2%). En dix ans, de 1998 à 2008, le nombre de maladies professionnelles a connu une augmentation annuelle moyenne de 13,5%. En 2008, quelque 45 411 cas ont été recensés, contre 36 871 en 2004 (chiffres publiés sur le site de l’Assurance Maladie). Une conséquence des « contraintes physiques marquées ».
La notion de pénibilité au travail comporte également deux autres critères : l’exposition à un environnement dit agressif et les horaires atypiques. Là encore, on dépasserait largement les 30 000 cas.
Et si l’on cumule les trois critères de pénibilité, selon Gérard Filoche, on atteint plutôt « dix millions de personnes ». En l’état, le texte de la réforme laisse possible toutes les interprétations. A coup d’amendements, la bataille au Sénat s’annonce tendue voire pénible… Risque-t-on de voir des départs de l’Hémicycle anticipés ?
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