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Santé mentale, la réforme va de mal en psys

« La psychiatrie ne mourra pas ! », « Non à la loi HPST ! »
Mardi 28 septembre, à Paris, une cinquantaine de psychiatres se sont réunis devant le ministère de la Santé, banderoles, drapeaux et poings levés. Ils manifestaient contre un projet de loi, visant à réformer la psychiatrie à la truelle. Or, cette loi, baptisée HPST (Hôpital-patients-santé et territoires), qui devait être présentée au Parlement cet automne, mais dont les discussions sont reconduites au début de l’année prochaine, fait l’unanimité contre elle. Pourquoi ?

Pour l’Union Syndicale de la Psychiatrie (USP), la loi HPST, qui succède aux réformes « de privatisation concurrentielle à un rythme effréné », est d’abord une loi sécuritaire, où les malades sont présentés comme de dangereux criminels. Ainsi, « le contrôle social de la normalité des comportements (fichage généralisé) va remplacer l’accompagnement bienveillant des personnes en souffrance psychique », explique l’Union syndicale sur son site internet. D’une part, la période d’observation d’un patient passerait de 24 à 72 heures. « C’est une garde à vue psychiatrique ! », dénonce l’USP. D’autre part, un patient pourra rester ou quitter l’hôpital sur ordre du préfet, même contre l’avis du médecin.

Un autre point de la loi HPST est particulièrement contesté par les psychiatres : la réorganisation administrative des établissements. Ainsi, la nouvelle loi exige un redécoupage territorial. Comme les autres médecins, le directeur de l’hôpital, qui dépend actuellement directement du ministère de la Santé, dépendra à l’avenir des régions.
Ce qui fait dire aux psychiatres en grève : « Le directeur sera tout puissant ». Pour Pierre Paresys, vice-président de l’Union syndicale de la psychiatrie, cet aspect de la réforme est particulièrement grave : « le seul rôle du nouveau directeur sera de faire des économies. On va vers une gestion comptable, rentable, de l’hôpital public ! ».

Les secteurs psychiatriques seraient « voués à disparaître », relève le docteur Francis Théodore, psychiatre et directeur du secteur d’Aubervilliers (93). La loi prévoyant « l’organisation, au sein des établissements, de territoires de santé [appelés "districts"] qui négligent de prendre en compte les secteurs psychiatriques ».

Mardi, les psychiatres ont aussi fait grève, comme ils ont pu. « On a travaillé mais sans être payé, c’était une grève à la japonaise », ironise Pierre Paresys. Le ministère de la santé comptabilise 10,4 % de grévistes. Mais « dans certains départements, comme celui de la Gironde, il y en avait entre 80 et 100 % ! », souligne-t-il. Un succès ? Roselyne Bachelot a promis d’engager de nouvelles discussions avec les psychiatres.

Mais les promesses n’engageant que ceux qui y croient, les psychiatres ont prévu de se mobiliser à nouveau, dès le mois prochain.


Vidéo Psys
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