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France Télévisions, tambouille sur un plateau

Voilà un ouvrage que Rémy Pflimlin, patron de la télé publique, serait bien avisé de lire. France Télévisions (off the record), du journaliste Marc Endeweld revient sur vingt ans de luttes, de coups bas et sur les grandes tendances qui ont modelé le destin de l’audiovisuel public.

Si l’ouvrage s’adresse principalement aux initiés, il grave dans le marbre quelques vérités qui pourraient intéresser au-delà des cercles parisiano-mondains. Ainsi du business des animateurs-producteurs. On se souvient de l’époque des « patates » sous la présidence Elkabbach, popularisée il y a une dizaine d’années par les Guignols de l’info. À la lecture du livre, on se dit qu’il y aurait matière à d’autres sketchs, car, contrairement à une idée reçue, les présidents qui ont succédé à Elkabbach n’ont pas réussi à diminuer les appétits des stars du petit écran.

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Citant un cadre de France Télévisions, Marc Endeweld écrit : « Le système qui s’est instauré sous Elkabbach a perduré et s’est même renforcé. Tout le monde a laissé faire. Et puis [Marc] Tessier avait besoin d’être soutenu par les animateurs producteurs, car ils sont un puissant levier d’influence avec les politiques. Concrètement, France Télévisions commande x émissions à Jean-Luc Delarue sans vraiment savoir ce qui est acheté. Cette véritable vente “à l’aveugle” donne la possibilité aux animateurs-producteurs de faire n’importe quoi. » Voilà pour Tessier.

Relativement épargnée par les médias jusque-là, l’équipe Carolis en prend aussi pour son grade. Documents à l’appui, l’auteur assure qu’il a fallu attendre 2008, et l’annonce de la suppression de la pub par Sarkozy, pour que Patrick de Carolis esquisse un mouvement dans le sens d’une baisse des chiffres d’affaires des animateurs- producteurs. Et les Drucker, Lumbroso, Delarue et consorts d’apparaître comme des vautours âpres au gain, prêts à tout pour durer.

On comprend, au fil du livre, pourquoi France Télé ne sera jamais la BBC. Et encore moins un quatrième pouvoir. L’auteur décrit une équipe de journalistes amorphe, plus proche de « l’armée mexicaine » que d’une rédaction – seulement 15% du budget est consacré au reportage. Pas sûr que Pflimlin, qui a récemment déclaré son amour à Mediapart, fasse bouger les choses sur ce point. Il peut encore lire le livre.

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