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Mitterrand, Tonton du Bled

Dans le livre "François Mitterrand et la guerre d’Algérie" (éd. Calmann-Lévy), l’historien Benjamin Stora et le journaliste François Malye reviennent sur la période sombre du socialiste au ministère de l’Intérieur puis de la Justice de 1954 à 1957. Trois ans pendant lesquels -le futur président qui a fait abolir la peine de mort- aura approuvé l’exécution par guillotine de 45 rebelles algériens, selon le livre (voir les détails sur Bakchich.info).

En décembre 1954, le ministre de l’Intérieur Mitterrand proclame un discours sécuritaire quelques jours après les attentats de la Toussaint contre « les agents terroristes ». Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, une trentaine d’attentats sont déclenchés par le Front National de Libération (FLN) dans le pays colonisé par la France. L’occasion pour Tonton de répéter que la population reste, comme l’Algérie : Française.

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Ben, mon colon…

Mitterrand était bien dans l’air du temps. La nuit de la Toussaint vue par "Les Actualités Françaises" Tout le chauvinisme et l’enthousiasme aveugle de la télé hexagonale illustrés dans la conclusion de la voix off surannée : « L’Algérie ne se prêtera pas au rôle souhaité par les agitateurs. On peut croire que le calme sera vite rétabli ! »

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Casbah les masques

Ce passé, Mitterrand s’échinera à le faire oublier. Avec succès. Quand en 1976, le Premier secrétaire du Parti Socialiste se rend à Alger, le FLN l’accueille à bras ouverts. Les relations de l’Algérie avec la France de Giscard sont dans une phase "dépressive" (comme les a qualifiées à ce moment là Tonton).

Au cours de ce reportage dans la Casbah, lieu symbolique de la lutte pour l’indépendance, un Algérien, se félicite de la venue du socialiste… tout en expliquant que son frère, membre du FLN, s’est fait exécuter à 18 ans.

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« Je n’incriminerai personne »

« Je pense qu’il existe des données objectives qui devraient nous permettre d’échapper à cette fatalité. Cette fatalité au passé… Le temps passe, des plaies se referment… »

Le tout frais Président organise l’un de ses premiers voyages officiels à Alger pour instaurer de « nouveaux rapports de confiance ». « La France et l’Algérie sont capables de surmonter et assumer les déchirements du passé », raconte Tonton au Bled fin novembre 1981, avant de se rendre dans le cimetière d’El Alia où sont enterrés plusieurs chefs du FLN. « L’Histoire s’éloigne… Je n’incriminerai donc personne », ajoute-t-il en conférence de presse. Évidemment.

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