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Salades d'avocats autour des fadettes du Monde
Les enquêtes sur l’enquête des sources du Monde font une pause. Une sorte de répit pour les autorités policières et judiciaires après la mise en examen du patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini, l’audition comme témoin assisté du directeur général de la police national (DGPN) Frédéric Péchenard, et la convocation ajournée du procureur de Nanterre Philippe Courroye.
Jungle juridique
Lancées sur une plainte du quotidien du soir, fâché que la DCRI et le parquet de Nanterre aillent fouiller les factures détaillées (fadettes) des téléphones de ses journalistes, les instructions du juge Zimmermann sont en attente de nouvelles de la Cour de Cassation. Le 6 décembre, le sommet de la hiérarchie judiciaire, où Jean-Claude Marin, ex procureur de Paris fort serviable a pris le poste de procureur général, doit rendre une décision fort technique, mais qui va conditionner l’avenir des plaintes du Monde.
En effet, les réquisitions judiciaires sur les téléphones des journalistes ont été déclarées nulles par la chambre de l’instruction de Bordeaux, où le dossier Bettencourt a été déporté. Si la cour de cassation les déclare elle aussi illicites, comme cela semble probable, alors la juge Zimmermann aura à batailler avec les avocats de Philippe Courroye et de sa vice procureur, Marie-Christine Daubigney. Les conseils des magistrats demandent tout bonnement l’annulation de la procédure à leur encontre. « La juge n’avait pas le droit d’enquêter sur ces actes puisqu’ils n’étaient pas définitivemet jugés », plaide ainsi Me Olivier Baratelli. Le débat sera alors porté devant la chambre de l’instruction… Rien n’empêcherait le Monde, si l’enquête de la juge Zimmermann était annulé, de reporter plainte, pour les mêmes faits, définitivement déclarés illicites par la cour de cassation.
Changement de robes pour le Monde
A voir après le 6 décembre et des promesses de guerilla juridique à venir pour laquelle Le Monde a légèrement modifié son équipe. Exit Me Yves Baudelot, bienvenue Me François Saint-Pierre.
Le premier dispose en effet d’une ligne sur son CV. Me Baudelot a défendu Philippe Courroye, 15 ans auparavant, lors d’un procès en diffamation, du temps où le proc’ de Nanterre officiait comme juge d’instruction à Lyon. Se voulant prudent, le quotidien de référence s’en est donc allé changer de conseil pour se prémunir de tout soupçon de conflits d’intérêts. Et le journal de jeter son dévolu sur Me Saint Pierre, ténor du barreau Lyonnais, qui a croisé bien des fois la route de Philippe Courroye.
Le gang des Lyonnais
Par exemple du temps où les dossiers Michel Noir, Alain Carignon ou Pierre Botton ont agité la site notable capitale des Gaules. Défenseur de Michel Noir, qui sera condamné pour recels d’abus de bien sociaux, Me Saint Pierre avait fait sensation, à l’ouverture du procès, en dénonçant les méthodes du juge d’instruction Courroye, coupable à ses yeux d’avoir voulu « exécuter » Noir en usant de « méthodes partiales », le tout sur « commande politique ». La tirade lui a valu un procès en diffamation, intenté (et gagné) par Philippe Courroye et son conseil d’alors…Me Baudelot.
Au moins les fadettes du Monde auront-elles permis à de vieux amis lyonnais de se retrouver, autour d’une affaire un peu bouchonnée.
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