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BILAN CINE : LE PIRE DE 2011

Ils nous ont pourri l’année et souillé les rétines avec leurs daubes, merdouilles et autres nanars AAA. Pour se venger, voici la liste des dix pires films de 2011, toujours aussi subjective et bien sûr de mauvaise foi. 

 

 

1- Black Swan

 

Chouchou de la critique, Darren Aronofsky est un cinéaste pour le moins inégal, un homme capable de pondre l’immense The Wrestler et des boursouflures comme The Fountain ou ce Black Swan, énorme kougloff repompé sur Les Chaussons rouges, Carrie et Répulsion. Le spectateur est toujours en avance sur l’histoire, l’émotion est évacuée, et Aronofsky tente de masquer le vide abyssal de l’entreprise avec une série de tics visuels et d’effets gore. L’imposture de l’année.

 

2- La Piel que habito

 

Les expériences d’un savant zinzin sur une femme-cobaye qu’il séquestre. Chirurgie peu esthétique et scalpel sous la ceinture : Pedro Almodóvar nous gonfle avec ses fantasmes transgenres et filme ses personnages comme un entomologiste. Où sont passées la chair, la folie et l’émotion de ses premiers films ?

 

3- Transformers 3 : la face cachée de la lune

 

Comment est-il possible de faire des films aussi nuls que ce Transformers 3 ? Qu’un « produit » pareil - mal écrit, mal joué, mal réalisé, sous-tendu par une idéologie réac - puisse récolter plus d’un milliard de dollars ne laisse présager rien de bon sur l’avenir du cinéma ricain. Michael Bay, dégage ! 

 

4- Carnage

 

Dissertant sur l’éducation, des bourgeois bien élevés vont se prendre la tête pour une histoire de baston entre leurs mômes, avant de péter les plombs et de révéler leurs « vrais visages ». Roman Polanski adapte le théâtre bobo de Yasmina Reza pour nous dire des choses importantes sur le sens de la vie, tout ça… Triste. 

 

5- L’Assaut

 

En 1994, les super-gendarmes du GIGN dessoudent des barbus preneurs d’otages sur l’aéroport de Marseille. Un pur nanar, doublé d’un incroyable film de propagande pour le GIGN. Confirmation : Vincent Elbaz est décidément un des pires acteurs du ciné mondial. 

 

6- Colombiana

 

Pour venger ses parents, Zoe Saldana, machine à tuer en sous-vêtements, éparpille façon puzzle des méchants basanés. Petites culottes, gros flingues et bastons très cons : Luc Besson mixe Léon et Nikita pour une série Z racoleuse, aussi palpitante qu’une fin de banquet sarkoziste. 

 

7- The Lady

 

Luc Besson ne produit pas que des merdes, il en réalise aussi. Dernière en date, The Lady, biopic sur la Birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix. Pas de yamakazi, pas de poursuites en Audi, pas d’adolescente en petite culotte : juste une love story ripolinée entre Barbie Suu Kyi et son Britannique de mari. Grotesque et interminable.

 

8- Les Lyonnais

 

J’aime bien Olivier Marchal, un des rares réalisateurs français qui essaie de faire du cinéma. Ici, il se vautre dans les grandes largeurs avec cette histoire de truands, inspirée de la vie d'Edmond Vidal, et du fameux sens de l’honneur des caïds old school qui semble le fasciner. Rien ne fonctionne, tout est foireux, bourré de clichés. Marchal a dû remonter son film pas moins de 23 fois et le distributeur aurait un temps, paraît-il, songé ne pas sortir le film…

 

9- Melancholia

Après son sublime Antechrist, grand film malade sur le couple et ses désastres, Lars Von Trier s’attaque à la fin du monde. Soit un mariage de plus d’une heure repompé sur Festen, suivi d’une plombe de n’importe quoi, et surtout de pas grand-chose. Un fatras métaphysique, lourdingue et pompier.

 

10- Intouchables

 

Comme La guerre est déclarée (C’est pas bien le cancer) et Polisse (C’est pas bien la pédophilie), Intouchables est un film « C’est pas bien », même un double : « C’est pas bien le handicap » ET « C’est pas bien l’intolérance » ! Tant mieux pour les réalisateurs si ce truc démago et dégoulinant marche… J’aimerais néanmoins comprendre le manque d’ambition du duo Toledano / Nakache, incapables de faire du cinéma, se contentant de pauvres champs-contrechamps pendant deux heures. 

 

 

 

Et aussi

 

Il y avait bien d’autres nanars et bouses cette année. Notamment, Pirates des Caraïbes 4, tourné à priori sans scénario ; Green Hornet, big nanar signé Michel Gondry avec un super héros aussi charismatique qu’un hareng mort ; Tu seras mon fils, mélo dépressif sur fond de pinard ; Conan, d’une laideur et d’une bêtise absolues ; Hell Driver, pour Nicolas Cage qui se vautre copieusement dans la série Z (quand je lui ai demandé cette année quel était son film préféré dans sa filmo, Nic Cage m’a répondu, sans rire : « Le Dernier des templiers ») ; le très mou du genou Dangerous Method Cronenberg ; Or noir, qui confirme que J. J. Annaud est définitivement passé de l’autre côté de la Force ; Les Immortels, péplum où les héros de la Grèce antique ressemblent à des folles hystériques ; The Thing, remake copié-collé du classique de Carpenter ; Killing Fields, polar balourd où le héros se retrouve avec un cocard sur le visage AVANT la scène de baston où il est blessé…

 

La polémique la plus nulle de l’année

 

Rédac’ chef de Studio, l’inénarrable Fabrice Leclerc se lance dans une polémique improbable avec le quotidien Libération à propos d’Intouchables. Et c’est parti pour le sempiternel couplet de la presse élitiste qui dégueule sur les films populaires et qui méprise le (bon) goût de 15 millions de spectateurs. Exprimer ses doutes, affirmer son goût, soulever des interrogations, voir plus loin que le nombre d’entrées, c’est quand même le travail élémentaire du critique. Critique, ça te dit quelque chose, Fabrice Leclerc ?

 

La pire réplique de l’année :

 

« Je vis, j’aime, j’extermine, je suis satisfait. » 

 

Conan

 

Bonjour Tristesse

Elisabeth Taylor, Don Sharp, Ken Russell, John Neville, Margaret Field, Robert Lamoureux, Barbara Kent, Charles Napier, Denise Gence, Paulette Dubost, Cliff Robertson, Jimmy Sangster, Raoul Ruiz, Henri Tisot, Maurice Garrel, Michel Boujut, Marie-France Pisier, Michael Sarrazin, Sidney Lumet, Farley Granger, Michael Gough, Catherine Jourdan, Jane Russell, Annie Girardot, Susannah York, Peter Yates…