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Les nouveaux chiens de garde : Les médias contre-attaquent

 

Lors de sa sortie en salles, Les Nouveaux chiens de garde a récolté comme tous les films de bonnes et de mauvaises critiques. Le film a été également passé sous silence par certains, des journalistes enthousiastes n’ont pas publié leurs propos élogieux et le réalisateur a refusé de se rendre à des émissions de grande audience. Etonnant, non ? Yannick Kergoat, coréalisateur, et Robert Schlockoff, attaché de presse du film, lèvent le voile et balancent sévère dans un entretien en deux parties. 

 

 

 

Nous sommes fin mars, qu’en est-il des Nouveaux chiens de garde ?

 

Yannick Kergoat : Après 11 semaines d’exploitation, le film vit toujours, nous en sommes à plus de 160 000 entrées, avec encore 50 copies en circulation. Nous sommes au-delà des habitués qui lisent Le Monde diplo, consultent le site Acrimed.

 

Avec en fin de course environ 200 000 entrées, cela va suffire pour le distributeur, mais pas pour le producteur qui a assumé seul les frais, sans aucune coproduction, ni aide du CNC. Le succès va peut-être faire qu’une chaîne comme Canal Plus va devoir l’acheter. Sinon la censure politique serait trop évidente. Avec l’achat du film par une télé, Jacques Kirsner, le producteur, pourra rentrer dans ses frais. 

 

Robert Schlockoff : Le film est très stable, nous faisons encore entre 5 à 8000 entrées par semaine. Ce n’est pas seulement sur Paris, mais dans les petites villes de province. Mais cela, c’est dû à l’implication des auteurs qui vont dans les salles présenter le film et ouvrir le débat.

 

 

 

Yannick Kergoat : Depuis la sortie du film, nous avons fait en moyenne deux débats par jour. Certaines journées, il y a six débats dans toute la France, avec les amis du Monde diplomatique, les copains d’Acrimed, Attac, la Ligue des droits de l’homme… Moi, j’ai animé une quarantaine de débats, Gilles (Balastre, l’autre réalisateur, NDR) une soixantaine. 

 

Lapsus de VSD, 

papier vicieux de Libé

 

Pouvez-vous parler de la réception du film dans la presse.

 

Yannick Kergoat : Cela n’a pas été le silence absolu auquel nous nous attendions. Il y a eu un article défavorable dans Le Monde. Mais comme Le Monde a parlé du film, les autres n’ont pas pu faire autrement que d’en témoigner. L’article plutôt favorable de Télérama nous a également aidé, ainsi que les extraits du film commentés sur leur site. Ensuite, cela a été très clivant. Un très bon papier dans Le Canard enchaîné, la couverture de L’Humanité, deux émissions de Mermet, un papier très défavorable dans Le Figaro, dans Libé où ils disent que l’on est passé à côté du film car on ne tape pas sur Sarko. Un papier assez vicieux, Libé quoi ! Je veux vous lire l’article de VSD : « Une enquête sur la prétendue indépendance des médias vis-à-vis du pouvoir avec une mauvaise foi proche du dérapage, voire de la délation. Pauvre Isabelle Giordano ! Cette accumulation de clichés populistes consterne, puis scandalise. » (Éclat de rires) Il faut le faire pour écrire « la prétendue indépendance ». Il doit vouloir dire la prétendue dépendance, mais il écrit « la prétendue indépendance », c’est à mourir de rire. Il aurait dû se relire… 

 

Les journalistes devraient toujours se relire, c’est vrai !

 

Robert Schlockoff : Nous avons eu environ 4 ou 500 articles. Un doc politique exclut les féminins, les journaux seniors, les journaux de mode masculins, qui n’ont aucune raison de parler du film, mais des dizaines et des dizaines de journaux de province ont contribué au succès du film à coups de doubles pages et d’interviews. Avec ce film, j’ai eu beaucoup plus de papiers en province que d’habitude, et sur Paris, beaucoup moins. 

 

 

Il y a ce qui a été publié et ce que les journalistes m’ont dit, ce qui est parfois diamétralement opposé. J’ai rencontré des journalistes qui me disaient qu’ils étaient d’accord avec le constat du film, qu’ils avaient vécu le fait de se coucher devant un grand groupe et qui n’ont pas publié ce qu’ils ont dit qu’ils écrieraient. Il y a eu aussi des mecs très biens, comme le journaliste de France Bleu ou ceux de France 3 qui ont mis « leurs couilles sur la table ». Des gens formidables, militants, véritablement indépendants. Ou les grands donneurs de leçon qui m’ont déclaré pompeusement « Formidable, il fallait que ce film existe » et qui n’ont rien fait. 

 

Yannick Kergoat : La première interview a été pour le site de Première. Le jeune journaliste m’a dit en off, « Vous savez, j’ai beaucoup aimé le film, je ne pourrai pas en dire du bien car mon rédacteur en chef ne veut pas ». C’est relativement surprenant… 

 

Robert Schlockoff : Plusieurs journalistes de Première sont venus voir le film, ils ont plutôt bien aimé, mais il y a eu une forme d’autocensure. Et c’est un pigiste qui a écrit l’article.

 

«Ils ont refusé le Grand Journal»

 

Quand je vous ai rencontré avant la sortie du film, vous m’aviez dit que n’acceptiez pas toutes les demandes d’interview.

 

Yannick Kergoat : (Rires) Robert a eu du mal à faire son boulot et pas seulement à cause du propos du film. Nous pensions qu’avec cette critique des médias, nous n’allions pas nous précipiter vers tous les micros qui se tendaient. Nous ne voulions pas faire la promo en acceptant tout et n’importe quoi. Donc Robert nous trouvait des interviews et nous répondions, « Non, ça on ne fait pas ». (Rires) Cela a été compliqué. En même temps, on ne peut pas collaborer à ce genre de spectacles, des mises en scène, et c’est pour cela que l’on a refusé Naulleau & Zemmour. Quand on épingle les faux débats entre Julliard et Ferry, ces fausses contradictions, on ne peut décemment faire la même chose. 

 

Robert Schlockoff : Il y a eu des moments de tensions, des fois où je n’étais pas d’accord, comme quand ils ont refusé d’aller au Grand journal.

 

Quoi ?

 

Yannick Kergoat : Là, ça a dû être dur pour Robert, le distributeur et le producteur. Nous avons refusé car Le Grand journal fait partie des émissions de mélange de genre que l’on attaque régulièrement. Je pensais que nous nous dévaloriserions en allant là-bas. En plus, nous avions aucune arme pour contre-attaquer. La forme de l’émission nous vous laisse pas le temps d’argumenter, de développer. Il faut écouter sans broncher les quatre minutes de critique d’Apathie, qui a bien l’habitude du micro, avec une mise en scène favorable. Le pire qui pouvait nous arriver, c’est cette récupération molle où l’on nous tape sur l’épaule à la fin pour nous dire que l’on a bien aimé notre film, malgré notre côté un peu caricatural. 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN, 

 

 

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Les réactions au film

 

- par L’Express

 

 

- Sur Acrimed

 

 

- Dans Rue 89

 

 

- Dans Médiapart

 

 

 

Sur le film dans Bakchich

 

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