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Starbuck : A la force du poignet !

 

 

Un généreux donneur de sperme traqué par sa progéniture, soit 142 enfants affamés d’amour. Venu du Québec, un conte familial fertile, loufoque et tendre. 

 

 

 

- C’est quoi Starbuck, un dessin animé, un film de SF, un doc sur les cafés à emporter et les donughts au chocolat ?

- Pas vraiment…

- Alors ?

- Tu vas pas me dire que tu n’as pas entendu parler du pitch – imparable – de Starbuck ?

- Désolé ! 

- Starbuck, c’est le pseudo d’un roi de la branlette québécois, un vieil ado de 42 ans, ex-donneur « d’un spermatozoïde de très bonne qualité » qui découvre un beau jour qu’il est le père biologique de pas moins de 533 enfants.

Ah, quand même…

 

 

Feel good movie

 

- Gros nounours paumé, immature, irresponsable, David Wozniak, c’est son nom, galère grave à Montréal entre son boulot de livreur, sa famille, des truands-castagneurs à qui il doit de l’argent et sa compagne sur le point d’accoucher. Bientôt, il apprend que 142 de ses enfants se sont regroupés dans un recours collectif afin de découvrir sa véritable identité. David flippe sévère et reçoit une enveloppe avec un profil et une photo de chacun de ses mômes. 

- Et…

- Dévoré par la curiosité, il ouvre l’enveloppe en kraft et se lance à la recherche de ses enfants. Il se prend peu à peu au jeu et, ne pouvant assumer de devenir véritablement père, se métamorphose en une sorte « d’ange gardien » pour le premier devenu une vedette de foot, une autre droguée, un maître nageur, un gothique à côté de ses pompes…

- Je sens gros comme une maison que la problématique va être des plus classiques : David va t-il renouer avec sa vie d’avant ou accepter sa paternité multiple ?

 

 

-Absolument, mais c’est aussi plus que ça. Le film n’est jamais simple ou simpliste. C’est un « feel good movie », un conte familial loufoque et tendre, avec toutes les séquences obligées que cela implique, mais le réalisateur-scénariste pose également de belles questions sur le passage à l’âge adulte, la paternité, la transmission… Si David est de quasiment tous les plans, la pléiade de personnages secondaires qui gravitent autour de lui (les frères, le père, la petite amie, les enfants…) parviennent parfaitement à exister, grâce à un scénario très finement ciselé. Ecrit par le réalisateur Ken Scott et un coscénariste, l’humoriste Martin Petit, les dialogues pétillent (« Mes enfants sont trop vieux pour je les avorte », « Mes enfants ne m’entendent jamais, je ne dois pas être sur la même fréquence sonore qu’eux » ou encore « Qu'est ce qu'une personne normale ferait dans cette situation là ? » « Une personne normale ne serait pas dans cette situation »), font mouche à chaque fois, sans parler du très exotique accent québécois. Ken Scott aime ses personnages : il rit avec héros, mais ne se moque jamais d’eux. Il se dégage donc de Starbuck une belle humanité qui irradie pendant plus de 100 minutes.

 

Petite larme pour une oeuvre sincère

 

- C’est plutôt rare.

- Affirmatif. Je t’avoue qu’à plusieurs moments, j’en ai été de ma petite larme. Ken Scott ne fait pas le malin avec sa caméra, il n’en a pas besoin. Il est à la bonne distance de son héros, à hauteur d’homme. C’est simplement parfait. Loin d’être un produit marketé, Starbuck est une œuvre belle et sincère. C’est qui est plutôt rare ces temps-ci. D’ailleurs, je me demande ce qui en restera dans le remake US de Steven Spielberg, interprété par le pas très drôle Vince Vaughn ?

- Et les acteurs ?

- Tabernacle ! Je ne suis pas un spécialiste du cinéma canadien ; je peux juste te dire qu’ils sont excellents. Le héros du film, Patrick Huard est une star de la télé et du ciné. Ici, il compose un personnage paumé et attachant , sorte de petit frère de Jeff Bridges dans The Big Lebowski

- Donc j’y vais ?

- Tu aurais tort de t’en priver. C’est avec Holy Motors un des seuls films un peu excitants de ce morne été. 

 

 

Starbuck de Ken Scott avec Patrick Huard, Julie Le Breton, Antoine Bertrand. 

En salles le 27 juin 2012

 

 

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