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Kill List : Le carnage de l’été

 

Deux tueurs à gages acceptent un mystérieux contrat. Un thriller malin, glaçant et brutal, qui plonge le spectateur en enfer. Classique instantané.

 

 

 

 

- C’est quoi ce buzz autour de Kill List ?

- Le film est sorti l’année dernière en Angleterre et a récolté des critiques dithyrambiques. Depuis, il écume les festivals et fait mouiller les geeks du monde entier.

- Résultat ?

- C’est une TRES bonne surprise, une bombe, le genre de « sleeper » de l’été, le petit film que personne n’attend et qui cartonne grâce au bouche-à-oreille. 

- Un film culte ?

- Dans tous les sens du terme, absolument.

- Le pitch, le pitch ?

- Tu dois en savoir le moins possible, je te déconseille même de regarder la bande-annonce. 

- Quand même !

 

Entre thriller brutal et film d’horreur parano

 

 

- C’est un film qui prend un malin plaisir à te mener par le bout du nez, qui commence comme un drame socio-chiant à la Ken Loach, qui se révèle être une chronique conjugale poisseuse, un buddy movie, puis un thriller ultra-brutal, et enfin film d’horreur parano. Pendant plus de 90 minutes, il n’est question que de faux indices, de fausses pistes, de bribes d’infos (une mission à Kiev qui tourne mal, un drôle de client, des DVD pédophiles…) que tu ne comprends pas vraiment et qui te fragilise. Le grand plaisir du réalisateur Ben Wheatley, c’est de te manipuler, te faire perdre tous tes repères, te faire douter de ce que tu vois, te plonger dans le cerveau en ébullition du « héros », paumé entre réalité ou fantasme. C’est aussi et surtout un film-puzzle elliptique dont l’ultime pièce éclaire l’ensemble d’une lumière totalement nouvelle. Un peu comme le coup de théâtre final de Usual Suspects ou du Sixième sens.

- Quand même !

- Ouaip ! 

 

 

- Quel est le point de départ ?

- Ancien soldat de l’armée britannique, jeune père de famille, Jay est un devenu tueur à gages. Criblé de dettes, bourré de problèmes, il accepte sous la pression de sa femme et de son collègue en tuerie Gal de se remettre au turbin. Un étrange client lui remet une liste de personnes à faire disparaître de la surface du globe. Les deux amis commencent leur besogne, cognent, torturent et dessoudent, mais Jay commence à sombrer dans la peur et la paranoïa. Qui sont les victimes, pourquoi veut-on leur mort ? On n’en saura rien. Mais dans l’ombre, des puissances infernales s’agitent…

- Ca donne envie.

- C’est fait pour. 

 

Une compilation des peurs et des fantasmes du cinéaste

- Et la mise en scène ?

- Kill List est un exercice de style, un pur objet de mise en scène. C’est le second long-métrage du Britannique Ben Wheatley, 40 ans, cinéaste venu de la télé, un véritable prodige qui a tourné son film en… 21 jours ! Tu imagines, trois semaines pour mettre en boîte un truc pareil. Certains réalisateurs français devraient en prendre de la graine. Pour construire son scénario, écrit avec sa femme, il a déclaré avoir repris la théorie de Stanley Kubrick, à savoir qu’un film se résume à 7 ou 8 scènes puissantes qui structurent le récit. Takeshi Kitano m’avait avoué il y a quelques années qu’il construisait ses films exactement de la même façon, mais avec seulement trois scènes… Dans le même ordre d’idée, Jack Nicholson avait déclaré « Il me faut trois belles scènes. Je ne crois pas que ce soit très malin d’accepter un projet auquel il manque ces trois scènes ! »

- Et là, il y a vraiment 7 bonnes scènes ?

- Au moins ! Wheatley a simplement compilé ses propres peurs et ses cauchemars : torture, claustrophobie (une scène dans un tunnel absolument dingue), aliénation, abandon… Le résultat est un véritable roller-coaster filmique et émotionnel, avec un incroyable climat d’inquiétante étrangeté. 

- Et les acteurs ?

- De parfaits inconnus. La plupart sont de comiques célèbres en Angleterre. Ils sont parfaits. Il y a également MyAnna Buring, « scream queen » découverte dans The Descent, puis dans deux chapitres de Twilight.

- Conclusion ?

C’est classique instantané, un tour de train fantôme qui te vrille le bide et te plonge dans un état de peur panique : bref, mon coup de cœur de cet été tristounet. J’attends de pied ferme le prochain film de Ben Wheatley, la comédie gore Touristes, présentée à Cannes, qui sortira le 26 décembre. Vivement Noël. 

 

 

Kill List de Ben Wheatley, avec Neil Maskell, Michael Smiley, MyAnna Burin.

En salles le 11 juillet

 

 

 

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