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Billet doux à Mme Audrey Pulvar

 

Comme nos fidèles lecteurs le savent sûrement, une relation passionnelle faite de hauts et de bas lie Audrey Pulvar à Bakchich.  Normal alors que notre rédac chef se fende d’un billet tendre après son premier édito aux Inrocks…

 

L'éditorial, érigé au rang d'art dans une presse française culturellement fâchée avec l'information, se veut un exercice compliqué. Dessiner en quelques mots une idée, en évitant l'emphase pompeuse, l'anathème creux ou l'analyse ridicule. Du haut vol. Et d'autant plus casse-gueule quand il s'agit d'un texte de défense de son intégrité, celle d'une rédaction et de ses journalistes sur lesquels a été jeté le soupçon.

 

Avec l'arrivée d'Audrey Pulvar, à la tête des Inrocks, la rédaction du petit texte devenait un équivalent journalistique de la quadrature du cercle. Sa nomination même à la direction de l'hebdomadaire électrique a provoqué une surtension. Sitôt annoncée, Thomas Legrand, éditorialiste politique, a annoncé son départ, parlant d'une situation intenable. Du fait du compagnon de sa nouvelle patronne, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg en personne, l'ancien collègue de Mme Pulvar à France Inter a préféré abandonner ses piges plutôt que de voir ses billets suspectés. Une position de principe qui a placé les autres journalistes politiques dans une inconfortable position, leur tête d'affiche expliquant qu'il n'était plus possible de travailler dans de telles conditions…

 

Proverbes Créoles et Procès en Sorcellerie

 

Face au déferlement, la toute fraîche boss a répondu. Immuablement. Comme elle le fait depuis que sa relation avec un élu socialiste a été éventée. «Jugez-moi sur mes actes». Devant ses salariés, le discours n'a pas varié. Seulement s'est-elle permis un élégant petit trait d'humour au moment d'évoquer le sort de Bernard Zekri, directeur de la rédaction, en vacances au moment de sa nomination. «Comme le dit un proverbe créole, il ne peut y avoir deux crabes mâles dans le même trou».

 

 

Un trou que la dirlo entend défendre bec et ongles des attaques extérieures, «Ecume, procès en sorcellerie, mauvaise foi. C’est à l’épreuve des faits que nous serons jugés, non à celle de racontars ou de fantasmes archaïques.»

 

Et la dame sait gronder ; l'auteur de ces lignes, par ailleurs un temps pigiste aux Inrocks peut en témoigner. Après deux ans de poursuite judiciaire, un jugement qui lui a été défaborable,  j'ai rendez-vous en appel avec Madame (son avocat a expliqué qu'elle n'aime pas au nom du féminisme être appelée Mademoiselle) Pulvar en Septembre.

 

Les journalistes, 

« Ni béni-oui-oui Ni marionnettes »

 

Comme beaucoup d'éditoriaux, sa profession de foi tourne certes en rond mais trace une ligne claire. Pas de concession à un quelconque parti, une liberté totale aux journalistes. «Des journalistes, pas des béni-oui-oui, ni des marionnettes. Journalistes : professionnels détenteurs d’un savoir-faire, d’années de métier et d’un cerveau – faut-il le rappeler ? – en état de marche. Qui peuvent donc s’opposer, s’organiser, contester. C’est ni plus ni moins ce que je viens chercher en eux et que je protégerai pour eux de toutes mes forces.»  Tant mieux.

 

L'écueil de la personnalisation, comme l'a remarqué un internaute, n'a pas non plus été évité. «Et mettez-vous pas trop avant, Dame Pulvar, restez discrète. Les Inrocks c’est pas vous, c’est un TRUC.»

 

Carte de presse à renouveler

 

 

Demeure un petit détail, que seuls de biens mauvais esprit relèveront. Sa photo, et l'exhibition de sa carte de presse. Non ce n'est pas la coupe de cheveux qui a affolé Twitter dont il s'agit, mais de l'année de la délivrance du sésame, donnant droit principalement, à des réductions d'impôts (et entrées gratuites dans certains musées). 2011. Seuls de malintentionnés polémistes auraient l'audace d'interpréter ce détail, d'en faire un acte manqué. 2011, l'année où sa relation a été dévoilée, la primaire battu son plein, son rôle à France Inter, sur France 2 décrié. Sa dernière année de journaliste? Gageons que non pour le bien des Inrocks. Méfi tout de même. Le diable, surtout dans une rédaction, réside dans les détails.

 

 

 

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