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Maroc, un dessinateur en sursis
Notre ami et ancien collaborateur, le dessinateur marocain Khalid Gueddar a été libéré. Plane encore la menace de son procès, qui se tiendra le 13 juin, et un possible retour en prison.
Après un peu plus de 24 heures dans les mains de la police marocaine de Kénitra, Khalid Gueddar respire à nouveau l'air un brin moins vicié de Rabat. En liberté provisoire. Et surveillée.
Le 30 mai son nouveau site satirique, www.baboubi.com, sera malgré ses dernières péripéties, mis en ligne. «Peut-être ont-ils vécu mon initiative comme une provocation, mais cela ne m'arrêtera pas», a confié le dessinateur à Bakchich. Avant de livrer le récit de son week end mouvementé.
Vers 1h30, au sortir de la boîte de nuit le Jakarata, dans l'Hôtel le Saphir, les flics chérifiens débarquent. Et embarquent Khalid, avec un de ses amis qui aurait eu une dispute avec un vigile.
Des prélèvements sanguins ordonnés
«Les policiers sont arrivés immédiatement, et nous ont ordonné de monter das leurs voitures, sans donner de motifs à notre arrestation».
Malgré ses demandes réitérées aux policiers du commissariat, aucune réponse ne lui est donnée jusqu'à 7 heures du matin, quand les poulets les conduisent dans les geoles pour une garde à vue. Ce n'est qu'au moment de leur extraction de cellule pour être présenté au procureur qu'ils apprennent la raison de leur appréhension, aux alentours de 15 heures. Consommation d'alcool, ébriété publique, humilitation de la police. «Ils ont rédigé un PV juste avant notre présentation au procureur qui a ordonné des prises de sang». Des prélèvements après plus de 10 heures de garde-à-vue, largement le temps de désaouler...

Franchement méfiant, Khalid a refusé net, et l'a fait savoir au médecin de la clinique privée où il a été conduit dans la nuit. «Ils auraient pu falsifier les résultats». Etonnamment, le caricaturiste est alors séparé de son compère de mésaventure et dirigé vers un commisariat annexe de Kenitra, où apparaît le préfet de la ville, pour un nouvel interrogatoire, dont il refuse de signer le PV. «Je ne vois pas pourquoi il me réinterrogé, ils avaient déjà ma déposition».
Les flics veulent lui casser le crayon
Retour dans les geôles du commissariat central, et nouvelle présentation devant le procureur, à 10 heures, le 27 au matin. Qui demande à 15 heures de les libérer et renvoie le procès au 13 juin prochain.
Une nouvelle épée de Damoclés, destinée à casser le crayon du journaliste? En poste notamment à Bakchich, Khalid avait écopé de 3 ans de prison avec sursis pour outrage aux membres de la famille royale. Lui a surtout été reproché la drôle bande dessinée sur Mohammed VI, le roi qui ne voulait plus être roi. «En cas de condamnation, mon sursis va sauter». Pas suffisant pour le décourager de continuer à se battre, à coups de crayon, pour la liberté d'expression.
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