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Sortons des poches nos belles mains d’étrangleur !

Les Chefs-d’œuvre de H.G. Wells (Omnibus) : Pour Jules Verne lui-même, le vrai inventeur de la science-fiction, c’était bel et bien Wells, à la fin du XIXe siècle, avec sa Machine à explorer le temps, sa Guerre des Mondes, son Homme invisible ou son Île du Docteur Moreau où un savant fou fascinant se livre à d’abracadabrantes manipulations génétiques. Outre ces points d’orgue qui « allaient pulvériser les tabous rationalistes entravant la création littéraire », explique le savoureux préfacier Francis Lacassin, on trouve dans cet Omnibus une merveille totale quasi inconnue, M. Barnstaple chez les hommes-dieux, qui nous immerge dans un univers pour le moins parallèle, onze nouvelles fantastiques captivantes et, en bonus, la fameuse pièce radiophonique d’Orson Welles qui sema la panique aux États-Unis en 1938.

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Char dans l’atelier du poète (Gallimard Quarto) : Agrémentée par des échanges de lettres avec Camus, Eluard, Gracq et par des reproductions de tableaux de Braque, Miro, Giacometti, Picasso, une histoire tout à fait prenante des poèmes de René Char « imprégnés » dans leurs contextes : l’adolescence du poète, ses accointances, ses combats surréalistes, ses aventures dans la Résistance. Avec même quelques textes aptes à encore choquer aujourd’hui, tel ce frénétique hommage au Marquis de Sade : « Sade, l’amour enfin sauvé de la boue du ciel, l’hypocrisie passée par les armes et par les yeux, cet héritage suffira aux hommes contre la famine, leurs belles mains d’étrangleur sorties des poches ».

Le Cinéma asiatique d’Antoine Coppola (L’Harmattan) : Un très percutant essai présentant certains des films des plus inventifs réalisateurs actuels de Chine, de Corée, du Japon, de Hong Kong, et de Taiwan comme une authentique « révolution des représentations au cinéma : celles du temps, des héros, de l’imaginaire, de la jeunesse, de l’idéologique comme du philosophique ». Du même historien du 7e Art vraiment pas comme les autres (peut-être le plus séditieux depuis Jean-Patrick Manchette), ne pas louper, chez Sulliver, l’édition revue et complétée de sa sulfureuse Introduction au cinéma de Guy Debord et de l’avant-garde situationniste.

Le Parfum d’Adam de Jean-Christophe Rufin (Flammarion) : Le toubib « sans frontière » Rufin semble mieux avoir tourné que le gélatineux Kouchner puisqu’il fricasse des thrillers planétaires palpitants. Mais si nous le suivons bougrement lorsqu’il démontre comment « de la lutte contre la pauvreté, nous sommes en train de passer à la guerre contre les pauvres », nous trouvons assez cucul ses cris d’alarme contre l’écologie radicale en pleine période de bushisme radical, de poutinisme radical et de sarkozysme radical.