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Le Ni-Ni peu douillet de Nicolas

Nicolas Sarkozy a repris hier, au conseil des ministres, une expression de François Mitterrand. Il nous propose un nouveau programme « ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur », comme hier Mitterrand nous proposait du « ni privatisation, ni nationalisation ». En terme de communication l’idée est très intelligente. Elle permet à notre actuel président de duper les lecteurs.

La double négation, le « ni-ni » du président socialiste arrêtait pour un temps la valse des entreprises publiques et surtout leur privatisation. Elle induisait une pause en renvoyant dos à dos les libéraux et ce qui restaient des partisans d’une économie planifiée. Cette formule avait l’avantage de faire croire que le Président hésitait encore entre privatisation et nationalisation. En fait il n’en était rien, Mitterrand avait clairement fait à l’époque le choix des privatisations. Mais qu’importe. En 1988 les électeurs comprenaient que le Président souhaitait une pause dans les réformes libérales.

En s’emparant de cette phrase qui fait partie de notre inconscient collectif, Sarkozy nous abuse. A priori, la forme syntaxique induit son refus de choisir entre deux éléments qui s’opposent. Ce sera : ni blanc, ni noir, dormez tranquille. Or, il ne s’agit pas de cela. Rien n’oppose le ralentissement des réformes au plan de rigueur, au contraire.

L’allongement de la durée d’activité avant la retraite est un élément de ce plan de rigueur, elle allège les charges de la sécurité sociale. La diminution du nombre des fonctionnaires réduit la charge de L’Etat. Malgré son discours alambiqué, Nicolas Sarkozy tranche, et il choisit le « et ». Ce sera donc les réformes, et ne nous trompons pas, elles seront rigoureuses pour de nombreux d’entre nous. Avec les réformes qui nous attendent, les fonctionnaires, les salariés vont trinquer.