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La guerre des guides
Gonflé au gingembre ? Le vieux guide Michelin, cent ans l’an prochain, bande encore. Ce lundi, partenaire des éditions Glénat, le gros livre rouge célèbre la naissance d’un nouveau magazine bimensuel célébrant les arts de la casserole. Un cocktail, qui a exclu d’office certains journalistes mal-pensants, devait avoir lieu à midi à l’hôtel Meurice. Le soir, ce sont les chefs étoilés qui, apportant leur constellation rue de Rivoli, doivent, à leur tour, célébrer le baptême de l’enfant rouge.
Et là on tombe dans le drame. Ne voilà-t-il pas que, ce même soir du lundi 21, le guide Pudlowski 2008 fait aussi la fête, mais à l’hôtel George-V, près des Champs-Élysées ! Que faire pour que sans ambiguïté, on acquière l’ubiquité ? Construire un téléphérique entre Rivoli et George-V ? Ça, il faudrait le demander à Marc Veyrat, le cuistot pâtre des montagnes.
Petits arrangements entre amis
Chez Michelin et chez « Pudlo », on va compter ses vrais amis. Au George-V, où l’on va mettre les grands plats dans les petits depuis que le chef Philippe Legendre a été remercié, c’est Eric Briffard (poulain de Robuchon) qui est aux fourneaux. Briffard, poussé hors du Plaza Athénée lors de l’arrivée d’Alain Ducasse, va mettre le paquet pour la bande à « Pudlo » puisque le Ducasse en question est, lui, très pote avec Jean-Luc Naret (ils se sont connus à l’île Maurice), ce directeur du Michelin qui va régaler au Meurice. Vous suivez ? J’espère, parce que la guerre des casseroles, c’est une grosse affaire compliquée.
Le héros du premier numéro du magazine Michelin est Gérald Passédat, le chef du « Petit Nice », hôtel-resto de Marseille, qui vient d’obtenir sa troisième star. Passédat, c’est le Veyrat des Abysses. C’est au fond de la mer qu’il va cueillir des poissons et algues rares, tout cela, on en est sûr, dans le plus grand respect des règles de la pêche en mer. Ce magazine est un ballon d’oxygène, comme le dirait Passédat, pour un Michelin qui s’épuise. La preuve, il expédie aux restaurateurs des courriels leur proposant d’acheter une pile de guides « numérotés et personnalisés au nom de l’établissement ». Moi, si j’étais casseroleux plutôt que journaleux, je me poserais la question : « Si je n’achète pas, est-ce que Michelin va penser du mal de moi ? »



