Vous êtes ici
L'équipe qui valait trois mollards
Contre la Roumanie, les joueurs de l’équipe de France ont gagné. Personne ne l’a remarqué mais les onze types en bleu n’étaient pas là pour jouer au foot mais inscrit à un concours de crachats.
J’ai compté les expectorations à l’aide de mon système vidéo-laser-scanner, le verdict est sans appel (comme on l’écrit dans l’Equipe). Je vous donne ce résultat qui fait la joie –bien incomprise- de nos joueurs : exemplaires qui ne confondent pas le moral avec le mollard : 62 crachats bleus contre 54 de couleur jaune carton. J’espère que cet éclairage vous donne la vraie dimension secrète, de la partie. Ce n’est pas Adidas ou Nike, qui doivent envahir la pub des stades, mais Kleenex. Fidèle à une nouvelle culture des pelouses, à défaut d’en baver, nos Français crachent. Quand je dis pelouse, signalons aussi les crachats de Monfils à Roland Garros (ciel, glavioter sur la tombe de Lenglen !). Espérons que le formidable Gaël cessera son émission liquide pour Wimbledon. Imaginer qu’il crache devant la vieille Queen, je ne le peux.
Continuons à parler foot. Là j’ai une recette pour Domenech qui fait preuve d’autant d’imagination dans ce qu’il dit que dans ce qu’il nous montrait jadis quand il était joueur. La solution est simple : faire comprendre à notre « onze » qu’il peut faire deux choses à la fois : courir et cracher. Quant à jouer au foot, c’est une autre affaire, un art et un don qui n’est pas donné à tous. Surtout pas au « cadre » Sagnol. Que Raymond repasse après la sieste les vieilles cassettes d’Amalfi, Ujlaki, Kopa, Théo, Schildnauer, Loncle, Guillou, Platini, Zidane et Dhorasoo. Ça permettra à ses garçons de voir du foot. Un moyen de faire des vocations.
Tiens Dhorasoo, le « substitute », celui qui a dit « en général on blanchit l’argent, moi c’est l’argent qui m’a blanchi », voilà le dernier bleu qui jouait un foot trop subtil pour être compris des autres. Lui ne balançait pas des grandes balles transversales ou des ballons qui se perdent à l’aile, il tirait des passes tout droit vers les buts, trajectoire pénétrant dans la défense comme dans des quilles sans on toucher aucunes. Et cadeaux pour les attaquants. Perdre du temps à regarder ces images sera aussi l’occasion que nos héros modernes ne savent plus jouer de l’extérieur du pied. Comme on doit le faire si on veut parfaitement jouer. Alors, vas-y à grands coups de godasses frappées de l’intérieur où la balle idiote fille droit devant, sans force ni subtilité. Mais, là, peut être que je vous ennuie. Comme le foot quand c’est France-Roumanie ?



