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Congo-Kinshasa, secrets d'État

Après une visite à Paris et à Tripoli à la mi juillet, Joseph Kabila est de retour au pays. Le dirigeant, parti en quête de négociations financières avec la France et le Fonds monétaire international, se dit prêt à entamer la reconstruction de la RDC, par ailleurs sérieusement endettée. En effet, Joseph Kabila qui est aussi président de la Communauté économique des États d’Afrique centrale, n’a toujours pas rembourser le FMI mais a déjà contracté un nouvel emprunt auprès de la Chine. Histoire de faire jouer la concurrence… Un bon gestionnaire en somme qui a une tache titanesque : sortir de la crise un pays qui a vécu l’horreur et ce, dans l’indifférence des Occidentaux.

Congo Kinshasa, d’Alain Bischoff - JPG - 21.6 ko
Congo Kinshasa, d’Alain Bischoff
© éds. du Cygne

Dans son livre Congo-Kinshasa. La décennie 1997-2007, Alain Bischoff cloue au pilori ces grandes puissances, qui non seulement ont laissé le Congo, le Rwanda, l’Ouganda, une région tout entière s’engloutir dans une décennie de guerres fratricides, mais qui, surtout, en ont tiré profit.
On apprend, par exemple, qu’en 1999 la Belgique avait importé pour 30 millions de dollars d’or et de diamants en provenance du Rwanda ! La France et le Royaume-Uni ne sont pas en reste ; ils font eux aussi partie de ces heureux bénéficiaires. Certaines sociétés privées européennes ont également joué un rôle d’intermédiaire dans ces trafics illicites. Ces trafics alimentant des bandes armées qui, à coup de machettes, attisent sciemment les tensions ethniques, dans le seul but de mettre la main sur les richesses locales. Des pays et des sociétés privées indirectement impliqués donc, qui étrangement n’ont jamais été inquiétés par la communauté internationale, pourtant très bien informée.

En deux cents pages, Alain Bischoff décortique l’histoire du Congo, et à travers lui, celle de la région des grands lacs. Il en extrait les mensonges , il démantèle l’interprétation simpliste qui consiste à réduire ces conflits à des conflits ethniques, quant ils sont surtout politiques.
L’on pourrait reprocher à Alain Bishoff d’être parfois trop impliqué, mais, le peut-on vraiment ?

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