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On a retrouvé le cousin anglais d’Edvige !
Depuis plus d’une dizaine d’années, les gouvernements britanniques successifs ont appliqué une politique rigoureuse visant à « protéger » leurs concitoyens. Bien leur a pris, car c’est grâce à leur fichage intensif que certains auteurs des attentats de Londres ont été identifiés. Mais que penser du parc de caméras de vidéo-surveillance actives dans le pays ? C’est ni plus ni moins 4 millions de petites bêtes qui grouillent sur l’ensemble du territoire, soit 10% des systèmes de surveillance du monde entier.
Les projets de Michèle Alliot-Marie pour la France
En France, la situation est bien différente. Selon Philippe Melchior, dans un rapport commandé par le ministère de l’Intérieur fin 2007, le nombre de caméras « autorisées » en France se chiffre autour 340 000. C’est moins que pour la seule ville de Londres (400 000). Seules 20 000 de ces 340 000 sont sur la voie publique, l’immense majorité étant installée dans les magasins ou les banques. Le but avoué dans ce rapport est de tripler le nombre de ces caméras « publiques » à l’horizon 2010.
Rappelons que ce même Philippe Melchior avait affirmé dans un autre rapport daté de 2005 que « du point de vue de la prévention, les résultats de la vidéo-surveillance étaient désastreux ». Aujourd’hui, il se justifie par le fait que « les esprits ont évolué, on sait à quoi cela sert et comment cela marche. La vidéo-surveillance peut avoir un intérêt important si l’on s’en sert correctement. »
Pour cela, il ne faut pas simplement augmenter le parc de caméras, il faut aussi « le combiner avec d’autres services qui imposeront une discipline sévère aux services publics ». Ici, on ne parle pas que de la police. Parmi eux, et on le dit pas souvent, les pompiers ou encore les agents de propreté seront également de la partie.
M. Melchior tempère cependant, « il vaut mieux mettre moins de caméras mais gérées correctement, plutôt que d’en mettre des tas pas vraiment utiles. Je ne pense pas que notre population souhaite un dispositif de couverture généralisée ».
Comme quoi, la mentalité anglo-saxonne est différente. D’après une statistique parue en 2006 dans The Independant, un londonien peut-être filmé environ 300 fois en une journée. Comme quoi, la France n’est pas si mal lotie.
Des enfants de 8 à 10 ans rémunérés pour « balancer » les incivilités publiques
Plus choquant encore et toujours au Royaume Uni, d’après le Daily Telegraph plusieurs communes du pays font appel à, tenez vous bien, des enfants de 8 à 10 ans en qualités de « volontaires environnementaux ». Sous ce terme assez nébuleux il faut lire que leur fonction est consacrée à dénoncer les dépôts d’ordure illégaux, les graffitis, les infractions aux règles de recyclage, les poubelles qui débordent et autres crottes de chien laissées dans les rues. Voyez là-dedans un zèle des « councils » (municipalités) qui offrent jusqu’à 500£ (près de 630 €) si le volontaire en question rapporte une preuve photo ou vidéo de l’acte d’incivilité. On recense environ 5 000 personnes dans tout le pays, mais impossible de dénicher le nombre d’enfants recrutés. Une chose est sûre, l’appât du gain est tel qu’il est certain que certains prendront des risques inimaginables pour obtenir une prime maximum. Scotland Yard ne doit pas avoir d’inquiétudes, la relève est dans les starting-blocks !
Une paranoïa qui progresse sans cesse
La société britannique regorge d’exemples de cet acabit, surtout en ce qui concerne la « sécurité » des enfants. En voici un petit florilège. Le site internet Ootay par exemple. Pour la modique somme de 2£ (2,5 €) vous pouvez pister cinq personnes de votre choix grâce à leur téléphone portable qui agit comme une balise GPS. Effrayant…
Autre exemple notable dans une école privée de Burnley, près de Manchester. On permet à chaque parent de se connecter sur le site de l’école et ainsi observer en direct les retransmissions filmées dans les salles de classe ou encore dans la cour de récré. Une vingtaine de caméras sont installées sur le site de l’établissement, à la grande joie des parents.
A Middlesbrough, on a installé des caméras parlantes qui relèvent les infractions et ordonnent à leur auteur de réparer le délit. On croit vraiment nager en pleine science-fiction, George Orwell n’a qu’à bien se tenir.
Sans minorer le programme Edvige, le fichage en France est aujourd’hui encore à l’état embryonnaire par rapport à son voisin anglais. Mais rassurez-vous, dans un souci de refaire son retard, MAM a déclaré qu’elle comptait « mettre en place des drones au dessus des zones urbaines » (Le Monde, 13/10/07). « Il faut agir sans tarder, la sécurité des Français l’exige » l’entendons nous dire lors de l’installation de la Commission Nationale de la Video-surveillance. Aujourd’hui des caméras efficaces pour se sentir en sécurité, des drones au dessus de nos têtes demain. Attention à l’escalade sécuritaire, les dérapages historiques ne sont que trop connus.



