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«Cops», «Girls», et plus si affinités !

Les premier et troisième lundis du mois, « le Duplex », une boîte chic de l’avenue Foch dans le quartier des Champs Elysées, ouvre ses portes à l’ensemble des policiers. Des affiches (voir ci-dessous) sont punaisées dans tous les commissariats de la région Parisienne, des affichettes distribuées par milliers. Comme pour ce lundi 1er décembre où, apprend-on, « Cyril et toute l’équipe du Duplex reçoivent "cops" and "girls". » Et sachez, heureux policiers, que l’entrée est gratuite pour « les filles », ainsi que « sur présentation de la carte professionnelle, sinon 15 euros avec 1 conso ».

Autant dire que l’heureux Cyril, un ami de la maison Poulagua, peut pratiquer le racolage dans les commissariats sans être inquiété et réunir sous un même toit des "filles" et des "cops" pour une soirée torride. Un site est même dédié à ces soirées conviviales.

Qui peut prétendre aujourd’hui, en apprenant une si bonne nouvelle, que la France n’est pas un pays de libertés ?

En shorts et en bottes

En arrivant sur les lieux avenue Foch, lundi premier décembre, l’envoyée spéciale de « Bakchich » est frappée par les centaines de flics qui attendent, dans la nuit et le froid, pour rentrer au Duplex. Jeunes, très jeunes, souvent seuls !

Les hommes se regroupent sur une file, les filles sur une autre ! Et ces dernières, pour la plupart, sont vêtues de shorts et de bottes luisantes, mettant en valeur de vieux collants lustrés ! Tristes chairs…

Jusqu’à minuit et demi, ces gourgandines ont le droit au champagne à volonté. A quoi rêvent ces jeunes filles qui s’accoudent au bar du Duplex ? L’une, simplement, à « boire du champ à volonté » ; une autre « à choper un beau gosse ». « Les flics », disent-elles en gloussant, « sont un beau parti ». Et une autre de ces pulpeuses d’ajouter : « Au moins, quand je suis dehors et que je dis que je connais les flics du Duplex, je ne me fais pas arrêter. Tous ou presque y ont passé une soirée ».

Qui peut prétendre, après avoir fréquenté le Duplex, par une glaciale soirée de décembre, que la police n’est pas un humanisme ?

Flics et pompiers, tous dragueurs ?

Beaucoup de flics ont moins de vingt cinq ans ; ils viennent de leur province, travaillent à Paris ou en banlieue, ne connaissent pas grand monde. Le week-end, ils travaillent souvent. Le lundi, ils sont en congé, les gradés et les plus âgés assurant les permanences. Au Duplex, ils espèrent trouver l’âme sôeur.

Ce lundi là, des pompiers étaient présents aussi. Des pompiers en colère. « Il n’y a plus de soirée pompier, explique un soldat du feu, alors on est obligé de venir aux soirées des flics ». Et le même d’ajouter : « Mais on a plus de succès qu’eux auprès des filles, on est plus musclés ».

Autrefois, des soirées comparables réunissaient les infirmières. Mais apparemment, la tradition s’est perdue. Seuls les flics, une profession gâtée, ont droit aux attentions de Cyril deux lundis par mois. On ne dira jamais assez leur chance.

Ce soir là, un flic mélancolique parle de Homère, de la mythologie grecque, de son salaire à 1 700 euros, du loyer qui en bouffe la moitié, de la difficulté à atterrir, de la province et de Paris, de la solitude aussi… Et des filles du Duplex qui « ne sont pas si jolies qu’on lui a dit ».

Qui consolera les très jeunes flics perdus dans la grande ville ?


Notre dessinatrice, Marion B., a « croqué » quelques scènes de cette réjouissante soirée

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