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Le PS s'englue dans les roses

Après le vote des contributions, il y a eu le vote des motions. Le congrès de Reims et le vote du Premier secrétaire. Avec un second tour. Puis la commission de récolement et le conseil national. Enfin le bureau national et la présentation d’une nouvelle équipe.

Après tout ça, s’est-on dit, le PS allait revenir en force dans le jeu politique. Des mois à inventer « l’auto-opposition » devaient nécessairement servir l’opposition ! Et non, rien. Ou si, une glue rose hyper compacte dans laquelle s’enfoncent les socialistes. À coups de déclarations par médias interposés.

Hier encore, Ségolène Royal et Martine Aubry ont joué une partie de ping-pong avec Jean-Michel Apathie dans le rôle de la balle. Car l’ex-candidate à la présidentielle était sur RTL le matin et la Première secrétaire, le soir, sur le plateau du Grand Journal. Qu’en a-t-on retenu ? Que Royal s’est « dit disponible » pour participer à la nouvelle direction qu’elle souhaite voir remise à plat d’ici janvier. Qu’Aubry laisse la porte ouverte pour que Ségolène vienne la rejoindre pour compléter l’équipe. Vous apprécierez la nuance… Tout ça pour ça ! Nous voilà bien avancés.

Car on voit mal comment les deux femmes - et derrière elles les deux camps qui existent au PS - pourraient s’entendre. Divisés entre autres sur la question des alliances avec le MoDem ou la conception du parti. Sur ces deux points, le texte d’orientation politique co-signé par les motions Aubry, Delanoë et Hamon est très clair : refus de toute collaboration avec les centristes, rejet d’un PS dédié au soutien d’une candidature présidentielle. Les ségolénistes ont donc dit non. Chacun y est allé ensuite de son bon mot pour défendre sa position et affaiblir celle d’en face. Rappelant le bon vieux « je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier de nous deux qui rira aura une tapette ». Si on avait encore envie de rire ! Mais là…

Que reste-t-il de ce fatras ? Une vague impression de temps perdu et de manque d’idées. D’ailleurs, Martine Aubry elle-même, à la sortie de son premier secrétariat national, hier, remarquait « qu’on [le PS] ne travaillait pas assez et qu’on n’était peut-être pas assez sur la réflexion et sur le terrain ». Pourtant dans six mois, ce sont les élections européennes, dans dix-huit mois, les élections régionales. Pas de quoi se gausser…

Si le Parti socialiste ne se met pas un bon coup de pied au cul, il risque de boire la tasse. Et pas sûr qu’Olivier Besancenot ou Jean-Luc Mélenchon aient envie de lui envoyer une bouée de sauvetage. En clair : les socialo, arrêtez de parler ! Mettez-vous à bosser.