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L'affaire Kouchner ou le bal des faux-culs
Sur la musique, « Tribulations Africaines de BK », nous venons d’assister à un magnifique bal des faux-culs. Aussi socialement convenu que ceux qu’organisait, jadis à Toul, la femme du colonel à l’époque où l’Algérie était encore la France. Voilà que, le 4 février, le grand magique médiatico-politicus-circus découvre que Kouchner est dénoncé dans un livre de Pierre Péan pour avoir trinqué à la santé des africains. Quelle surprise ! Incroyable ! Que la toile lui tombe sur la tête, le cirque est abasourdi.
Mais le pouvoir qui s’agite de connivence (ce qui est logique dans un bal), se moque de vous. De nous aussi. Les journalistes qui lisent, à défaut d’écrire, savent depuis des mois qu’après l’épisode Birman (où notre tigre humanitaire était allez faire un rapport arrangeant au poil les affaires de la junte et celles de Total), une autre tuile glisse lentement de la toiture de Kouchner, au risque de tomber un jour sur sa jolie raie. Le sublime BK, qui est aussi le protecteur de la libre parole sur « France 24 », n’a-t-il pas été aperçu au Congo et au Gabon (à l’époque certains journalistes gratouillaient également au Niger), tous pays d’opulence dans lesquels Bernard dessinait des plans -vert dollar, son côté écolo-, pour mettre en place une sécu pas trouée. Noble.
Pas de trapéziste sans filet
C’est le 13 janvier que la tuile pendante a cessé de glisser pour graviter, touchant notre ami de la plus terrible des blessures, celle d’honneur. Voilà donc que les mal élevés de Bakchich publient la copie d’une lourde facture présentée au Gabon pour le prix de sa sécu, BK étant « consultant », ce qui est bien normal pour un docteur. Que pensez-vous qu’il arriva ? Rien. En fait pas rien, puisque Le Monde, il est vrai un quotidien qui mange dans la main de Bakchich, publie le 14 janvier un papier rapportant les safaris sanitaires de BK en Afrique. Au cœur du cirque des médias, pas un trapéziste ne bouge (faute de filets ?). Mettons notre orgueil sous le bras, puisque pour nos confrères et les dompteurs d’opinion, Internet n’est qu’un truc pour rencontrer des filles et des garçons, commander des billets de train, imprimer Mappy et dire du mal de Val et de BHL. Mais Le Monde, quand même ! Le journal de Beuve-Méry et de Fottorino ravalé au rang du web, à l’outil de la rumeur ! C’est Dien Bien Phu.
Un embargo bien respecté
Donc, le 13 et le 14 janvier, la France qui compte est parfaitement informée que le mal court, de cette« affaire Kouchner ». Le 31 janvier, députés et journalistes sont occupés à envoyer leurs vœux ; puisque c’est le dernier jour. Pourtant, Marianne, ayant acquis les « bonnes feuilles » du livre de Péan, en livre la moelle. Mais l’émotion reste sous contrôle, pas un bruit dans notre monde du silence. Sauf dans les dîners en ville.
Il faut donc attendre le 4 février, et la sortie en librairie du bouquin, pour que son contenu (que les artistes du cirque connaissent donc depuis trois semaines), active les pistons des trompettes et les stylos à écrire la vérité.
Croyons que ce respect de l’embargo, souhaité par l’éditeur, va dans un sens positif : pour travailler plus, les membres du circus ont fait une petite pige d’attachés de presse pour Fayard. Tout en laissant à BK un peu de temps pour mettre en place sa réplique. Après les morts de mère Teresa, de sœur Emmanuelle, de l’abbé Pierre et la retraite de Zidane, il faut ménager nos icones, et ne jamais réveiller un journaliste qui dort.
Lire ou relire les révélations de Bakchich sur Bernard Kouchner :





