Vous êtes ici
Ziegler : Caroline s'est Fourest le doigt dans l'oeil
Jean Ziegler, le radical suisse, a beaucoup d’amis qui sont très contents d’être les amis de Ziegler Jean, auteur de « l’Empire de la Honte ». Décompte fait, notre révolté du Léman n’a que deux vrais ennemis, Caroline Fourest et Nestlé, ce qui confirme qu’il s’agit d’un type épatant. Dans une récente livraison de Charlie-Hebdo, sœur Caroline-line-line nous flingue Ziegler avec la magnificence d’un Sarkozy straffant un « pov’con ».
Pourquoi pas ! Comme l’a toujours enseigné Elkabbach, la parole est libre, toute vérité mérite de prendre l’air plutôt que garder le moisi.
Mais dans le « débat démocratique », qui est à la fois le crédo et le sextant de Caroline, dans son activité d’exécutrice en peloton, dans son ball trap médiatique, il serait préférable qu’elle soit équipée de munitions réelles : tant pis si l’argumentaire est spécieux, ce qui compte c’est que ce que l’on dit, que ce que l’on imprime soit vrai.
Et là, pour mettre à mort le vieux taureau helvète, notre journaliste-essayiste-philosophiste n’a que des pétards mouillés dans son chargeur, ce qui l’expose à être le premier cadavre dans l’un de ces OK Corral où notre jeune fille, toujours à la croisée des chemins, aime à se poster. Comme j’aime Caroline et la liberté des mots pour le dire, je me permets de lui faire très respectueusement remarquer, qu’au sujet de Jean Ziegler, que Dieu lui pardonne, elle a écrit sans savoir. De toute façon sans interroger sa victime comme on le fait pourtant dans n’importe quel commissariat de police.
Caro nous parle d’un Ziegler qui aurait à la fois inventé et reçu un « Prix Khadafi »… Aucune trace de cette douce récompense ni d’un humain l’ayant jamais reçue ! Caro reproche encore à notre Jean qui hurle d’avoir utilisé l’expression « Gaza, camp de concentration… ». Ici on tombe dans le banal, c’est une expression cent fois entendue dans des lieux que Fourest ne fréquente pas (et qui ne sont pas des mosquées), lue aussi sur des bouches et sous des plumes que même notre mère supérieure ne peut traiter « d’antisémites », celle de l’écrivain israélien Michaël Warschawski pour n’en citer qu’un.
Enfin, dans sa tapisserie d’approximations, notre Pénélope passe vraiment par la fenêtre quand elle affirme que Ziegler « vise un nouveau mandat de Rapporteur du Conseil des Droits de l’Homme à l’ONU », alors que, juridiquement, après 7 années passées comme vilain petit rapporteur, le plus turbulent des Suisses n’a pas le droit de se représenter !
En réalité, cette humeur printanière de Fourest n’est qu’un grain de chapelet d’une diffamation concertée subitement adressée à l’encontre de Ziegler. Un rosaire qui ne tombe pas du ciel mais désigne une urgence : la tenue de Durban II. Fin avril s’ouvre à Genève, donc chez Ziegler, le colloque mondial de l’ONU sur les droits de l’homme.
Et, petit secret, Caro et sa bande de formidables amis ont très peur que les salauds de pauvres venus des pays du « Sud », que des types parfois même un peu mahométans, en tout cas des mal élevés qui ne sentent pas « Pour un Homme » de Caron ne viennent au bord du lac, comme lors de Durban I, dire du mal des pays amis de Caro : ceux du « Nord ». C’est-à-dire, par exemple, que Guantanamo, qu’Abou Ghraib ou « Plomb durci » ne sont pas des recettes « au top » en matière de développement harmonieux de l’humanité.
Lire ou relire dans Bakchich :




