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Et si on reparlait de l'appartement de Nicolas Sarkozy?
On se souvient pendant la dernière campagne des élections présidentielles des révélations du Canard enchaîné sur l’appartement de Nicolas Sarkozy à Neuilly. L’actuel chef de l’Etat aurait bénéficié d’une ristourne anormale accordée par le principal promoteur immobilier de la ville pour acquérir ses 216 m2 sur l’île de la Jatte. Sans compter les travaux de décoration pharaonique « offerts » par le promoteur avant son installation.
Le journaliste Olivier Toscer, chargé de la rubrique « investigation » au Nouvel Observateur , et auteur de « La France est-elle une république bananière ? », souligne que « le soupçon de favoritisme est d’autant plus légitime qu’en tant que maire de Neuilly, Nicolas Sarkozy avait accordé auparavant, à son promoteur immobilier, une place prépondérante dans le projet d’aménagement immobilier qu’il présidait ».
Or, fort curieusement, non seulement les journaux, les radios et les télés ne se sont pas précipités pour relayer cette information, mais aucun candidat de la campagne présidentielle n’exigera que la lumière soit faite sur cette histoire qui sent bon le favoritisme. Les partisans de Ségolène Royale ont beaucoup parlé… mais jamais agi. « Il était très facile pour un élu socialiste local de déposer une plainte en bonne et due forme pour forcer ainsi la justice à se pencher sur le dossier afin de gêner le candidat UMP », écrit l’auteur.
La fausse enquête du juge Courroye
En clair, la règle dans la classe politique tricolore c’est : « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ». Et la justice ? Elle a fait semblant de chercher. Olivier Toscer en profite pour tailler un costard à un magistrat habituellement montré en exemple et considéré comme incorruptible : Philippe Courroye, le “tombeur“ de deux poids lourds du mouvement gaulliste, Michel Noir à Lyon et Alain Carignon à Grenoble. Philippe Courroye est justement procureur de Nanterre.
La solution de facilité aurait été de ne rien faire. Le magistrat, plus malin, préfère ménager les apparences et ouvre une enquête, ou plutôt un semblant d’enquête. « Aucune enquête auprès des artisans qui avaient réalisé des travaux à prix d’or dans l’appartement de Sarkozy et qui n’ont jamais été payés. Pas la moindre convocation non plus des journalistes ayant publié des révélations sur le dossier. Forcément, l’enquête tourne court », lit-on dans La France est-elle une république bananière ?.
« Taper fort sur les faibles »
Résultat, l’affaire de l’appartement de Nicolas Sarkozy est renvoyé au rang de pure calomnie par Philippe Courroye. Olivier Toscer souligne que le célèbre magistrat « sait taper fort sur les faibles et s’abstenir d’inquiéter les forts ». En tirant sur Michel Noir, Alain Carignon, puis plus tard sur Charles Pasqua, il aurait fait le jeu de Jacques Chirac. A présent, il s’est rangé dans le camp de Nicolas Sarkozy.
La France est-elle une république bananière ? paraît dans une nouvelle collection des éditions Larousse, baptisée « à dire vrai », qui aborde des sujets d’actualité sur un ton provocateur. « A dire vrai » a déjà publié : Les journalistes français sont-ils si mauvais ?, A quoi servent les députés ?, ou encore Les patrons sont-ils trop payés ?.
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