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Ce romantisme de Tarnac qu'on a jeté en prison

Une affaire obscure de dégradation de caténaires de TGV, dont chacun ne peut qu’admettre qu’elle ne pouvait causer aucun autre trouble que celui d’endommager quelques pantographes de trains, sans jamais risquer la vie de quiconque, voilà ce que la justice aux ordres de la ministre de l’Intérieur a eu le ridicule de qualifier de terrorisme.

Il s’agissait d’inquiéter le pays en créant de toutes pièces et avec des grosses ficelles un ennemi politique imaginaire, « l’ultra gauche », reformulation contemporaine du bolchevique rouge vif au couteau entre les dents, lequel allait s’en prendre à vous, braves et honnêtes gens de France.

« La politicaillerie à la petite semaine »

Mais pour faire exister un ennemi qui n’existe pas, il fallait impressionner l’opinion en accusant a priori et à tort Julien Coupat et ses amis, en déployant des moyens de police démesurés pour prouver ce qui n’a pas pu être prouvé. Il fallait surtout trouver des juges soumis au pouvoir et dociles comme des agneaux qui acceptent de commettre la plus grave des injustices, la plus grossière des forfaitures : incarcérer sans preuve ces jeunes gens qu’ils savaient innocents.

Monter un dossier judiciaire de toutes pièces avec des abus procéduraux en tous genres à la clef, pour pouvoir faire de la politicaillerie à la petite semaine, voilà ce dont est capable le régime sarkozyste.

« Sept mois de prison infligés à un innocent »

La porte est maintenant ouverte aux manipulations judiciaires les plus dangereuses, parce qu’arbitraires, surtout depuis que le pouvoir a pris possession du troisième pouvoir, en organisant la soumission méthodique des juges. Des citoyens innocents pourront être jetés en prison pour permettre au pouvoir de faire ses démonstrations politiques. La confusion entre la justice et la politique est un danger que ce régime fait courir à la République.

Julien Coupat, le romantique de Tarnac, coupable de ce qu’il pensait et de ce qu’il avait dans la tête, plutôt que de ce qu’il a fait, symbolise désormais la victime des abus judiciaires du régime.

Maintenant qu’il est enfin libre, et que la justice a relâché ce prétendu dangereux terroriste, il va falloir que la ministre de l’Intérieur s’explique sérieusement sur la manipulation à laquelle elle a honteusement prêté sa main, et qui a conduit à priver de liberté ces jeunes gens.

Sept mois de prison infligés à un innocent pour faire monter une sauce politicienne au goût infect, dans n’importe quel pays démocratique cela vaut une démission.

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Le dangereux leader de l’ultra gauche faisait à nouveau appel de sa détention, ce 30 janvier. Encore raté, le jeune homme reste en prison. Le premier juge, déjà, avait un brin chargé la barque.

L’arrestation de neuf anars présentés comme « ennemis de la société », accusés d’avoir saboté les TGV, leur mise en examen et en détention ce week-end, pour cinq d’entre eux, est une histoire complexe.

Dès le 26 janvier 2008, les flics anti-terroristes de la PJ pondaient une note sur la mouvance de l’ultra gauche. Laquelle agrégeait apparement les membres présumés du « commando anti-SNCF ». Extraits.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris s’est finalement prononcée pour le maintien en détention de Julien Coupat, incarcéré depuis la mi-novembre dans l’enquête sur des dégradations contre des lignes (…)