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Bouquet suisse de crise en thème

Parler de l’humour suisse, c’est comme manger une vieille tarte de grand-mère qui traîne au frigo un jour de fringale. Elle lambine là, froide et soignée, mais une fois ingurgitée, on se délecte d’imaginer l’attention délicate qui a prévalu à sa préparation. Desproges lui, avait une conception bien plus distinguée du peuple helvète : « Les suisses sont appelés ainsi parce qu’ils sont vraiment très propres sur eux. Même les poux des clochards suisses se reconnaissent à la fraîcheur éclatante de leur teint scandinave. Les suisses s’appellent aussi les helvètes ? C’est un grand mystère. Normalement, un seul nom suffit. Est-ce que ma belle-sœur Fabienne s’appelle Claudine ? Est-ce que mon crayon Bic s’appelle Reviens ? Ah oui. En résumé, on peut dire qu’il y a encore plus de trous dans le gruyère que dans les suisses. Mais enfin bon, on n’est pas là pour enculer les meules. Alors, s’il vous plaît, je vous en prie. »

Au banquier des accusés

Revenons à notre schmilblick, l’ouvrage La crise vu par les suisses paru chez Glénat, qui comme vous l’aurez compris, met à l’honneur l’esprit de dérision glacé du peuple à la neutralité biblique. Sacré pied de nez à tous ces ignares qui, comme moi, se suffisaient de l’image complet trois pièces de banquier. Oui, les suisses ont des quotidiens. Oui, les suisses ont des dessinateurs politiques. Oui, les suisses ont un humour corrosif d’auto-dérision pendant cette période de crise économique. De quoi remettre les pendules à l’heure d’un système financier dont ils sont la caricature un peu bouffonne.

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Le livre est donc un recueil des meilleurs dessins parus dans la presse helvète chapitré en sept parties uniquement autour de la crise des derniers mois : subprime, bourse, banques, économie, salaires, pauvres et riches. Tout y passe sous tous les angles et chacun y prend pour son grade. On apprécie le format pleine page des dessins et l’intelligence de la partition thématique qui met en valeur les dix dessinateurs choisis pour illustrer l’album. L’humour grinçant au pinacle n’a rien à envier à nos Cabu, Wiaz, Wolinski, Lefred-Thouron dont le cœur de l’ouvrage prend pour cible UBS, la plus grande banque de gestion de fortune en Europe qui siègent à Zurich et à Bâle.

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Un sacré « suisside ».

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Le pari est osé et ambitieux : exprimer en dessins la musicalité d’un esprit déluré, celui de Boris Vian, artiste tout terrain. Les éditions « Petit à petit » en ont fait leur spécialité.

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