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Le baiser sous le geek

« Geek ». Le terme est entré dans le langage courant comme la vérole sur le bas clergé. La maladie a pourtant connu des périodes de mutations, de l’incubation des années 90 à la phase terminale actuelle. A l’origine censé désigner une personne obsédée dans un domaine précis (le déchiffrage du codex Tro-Cortesianus de la région de Campèche par exemple), le symptôme s’est greffé à la mue technologique et plus particulièrement informatique. Il désigne donc communément le brillant minot boutonneux et binoclard qui sniffe des pixels et se biture aux super-héros. Les plus radicaux d’entre eux, sortes d’ermites djihadistes de la cause électronique, appelés « nerd » ou « no life », prêchent l’abstinence du réel. Au nom du royaume du grand éternel Virtuel. Hors de l’Eglise de World of Warcraft, point de salut !

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Cette curiosité -humaine ?- à mi chemin entre ciel et terre a ses apôtres. Le troisième tome de la BD Les Geeks aux Editions du Soleil leur rend grâce dans le divorce terrible entre corps (pizza, soda, célibat) et machine (changement de carte graphique, combat de sabre laser d’iPhone). Ce sont donc 38 gags, pour autant de pages, de « vie » de six amis qui réinventent leur quotidien en écho à leur joyeuse altération de la réalité. De l’humour tendre en galipettes. Deux pseudo-« geekettes », perdues dans cette bêtise de testostérone en germe, donnent la réplique aux quatre marmousets à l’humour potache. Tout cela est traité avec légèreté et habileté par des sketchs bien ciselés servis d’un dessin type « manga ».

De quoi passer gaiement le quart d’heure de pub entre deux épisodes de Battlestar Galactica . Il paraîtrait que même François Fillon ait fait son « cogeek » out dans un magazine en avouant « utiliser principalement un iPhone 3G, un Nokia, un iPod nano et, côté photo, un Nikon D700 et un Panasonic Lumix ». Preuve qu’il est de bon ton aujourd’hui de faire acte de modernité. Celle-là même que fuient précisément les majestueux monomaniaques du « mulot ».

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(DR)

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Avant le règne de la traque automatisée, focus autour des chasseurs de pirate. Ennemis, Advestigo et Co-Peer-Right Agency se battent à coup de procès.

Les suisses ne sont pas bons qu’à la fondue et à la neutralité militaire. Pour preuve, leurs dessinateurs sont à l’honneur dans l’ouvrage La crise vue par les suisses.

Le pari est osé et ambitieux : exprimer en dessins la musicalité d’un esprit déluré, celui de Boris Vian, artiste tout terrain. Les éditions « Petit à petit » en ont fait leur spécialité.